LGV Lyon-Turin: le bilan de la commission d’enquête

Le 02 août 2012 par Stéphanie Senet
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Le tracé de la LGV au niveau de Saint-Jean-de-Maurienne
Le tracé de la LGV au niveau de Saint-Jean-de-Maurienne

Largement contesté, le projet de ligne à grande vitesse LGV Lyon-Turin, vient de connaître une nouvelle étape avec la publication du rapport de la commission d’enquête. Résultat: un avis positif assorti de 3 réserves et de 22 recommandations.

Dans leurs conclusions, les commissaires-enquêteurs retiennent 5 avantages au projet. Ils estiment qu’il représentera un maillon important du report vers le fer du transport routier de marchandises, ce qui réduira la pollution atmosphérique et les émissions de gaz à effet de serre à partir de 2037.

Ils notent aussi qu’il favorisera le report modal de l’avion vers le train pour les voyageurs de l’axe Londres-Paris-Lyon-Turin-Milan, permettra une meilleure desserte de la Savoie, encouragera le recours par les entreprises aux trains de fret de long parcours, pour la traversée des Alpes, et créera plusieurs milliers d’emplois.

Au chapitre des inconvénients, le rapport met l’accent sur l’impact négatif du projet sur l’agriculture, en particulier dans l’avant-pays savoyard et en Combe de Savoie. 680 hectares devraient en effet être prélevés pour assurer l’actuel tracé. La commission d’enquête suggère donc de réduire cet impact à 480 ha, grâce à des mesures compensatoires environnementales (dans les délaissés de la ligne et en dehors de la bande d’enquête, dans les bassins versants des principaux cours d’eau).

Quant aux craintes des agriculteurs de voir grignoter leurs terres par des dépôts de matériaux, les commissaires-enquêteurs rappellent que Réseau ferré de France (RFF) s’est engagé à privilégier les carrières et les gravières existantes.

Au final, le rapport évalue la perte de terres agricoles entre 450 et 500 ha, ce qui impliquera des aménagements fonciers pour aider les agriculteurs à restructurer leurs exploitations.

Autre point noir: le rapport évoque les nuisances occasionnées par cette nouvelle ligne, en matière de bruit, de vibrations, d’ondes électromagnétiques et de dégradation du paysage, sans pour autant les détailler.

C’est donc un avis positif qui est émis par la commission d’enquête, assorti de trois réserves: un travail de concert avec le monde agricole et les acteurs locaux, une nouvelle étude des sites de dépôts des déblais, et la mise en place de commissions territoriales de concertation et de suivi.

22 recommandations y sont ajoutées, pour réduire l’impact sur les exploitations agricoles, améliorer la stratégie de compensation des zones humides, approfondir la connaissance et le suivi des eaux souterraines, réduire les nuisances acoustiques et améliorer l’insertion fonctionnelle et paysagère de plusieurs équipements.

La France et l'Italie ont signé en 2001 un accord pour la construction de la ligne Lyon-Turin pour 15 milliards d'euros. Jugée stratégique pour le réseau européen et subventionnée par l'UE, elle raccourcira de près de la moitié le trajet entre Paris et Milan: 4 heures contre 7 actuellement.

Elle fait partie des grands projets inutiles et imposés que dénonce un collectif regroupant notamment Agir pour l’environnement, Les Amis de la terre et Attac.



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