LGV : Du Sauternes au Conseil d’Etat

Le 13 juillet 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Botrytis cinerea : la raison de la colère.
Botrytis cinerea : la raison de la colère.
John Yesberg

Les vignerons bordelais annoncent déposer un recours devant le Conseil d’Etat contre la DUP des lignes à grande vitesse Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax. Objectif : préserver les brouillards de la vallée du Sauternais.

 

Réputés dans le monde entier, les vins de Sauternes sont le fruit d’une alchimie subtile. Sous l’effet d’un brouillard généré par la rivière Ciron se créé, à l’automne, un micro-climat favorable au développement d’un champignon microscopique.

Honni dans la plupart des autres appellations (et dans les cultures vivrières), Botrytis cinerea est adulé en sauternais. Sous l’effet de l’humidité ambiante et de l’ensoleillement automnale, la «pourriture noble», comme on l’appelle aussi, se gorge de l’eau des baies, concentrant les sucres des raisins. Ainsi «botrytisés», les raisins donnent des vins liquoreux.

Un tracé contesté

Le terroir de Sauternes et de Barsac est-il menacé ? C’est ce que craint l’Organisme de défense et de gestion (ODG) des deux appellations. Validé il y a un an par le gouvernement, le tracé des 55 km du tronc commun aux lignes à grande vitesse Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax est très contesté par les vignerons. «Le tracé coupe la rivière Ciron en trois endroits et 30 de ses affluents, traverse son bassin versant sur plus de 100km, endigue les eaux, impacte 40 zones humides et les nappes d'eaux sous-terraines», rappelle une note de l’ODG.

Autrement dit, le train dissiperait les brumes du Ciron, réduisant ainsi le développement du sacré champignon et les possibilités de produire de sublimes vins liquoreux. Ce n’est pas tout.  Le creusement du couloir ferroviaire va cloisonner de nombreuses propriétés et  risque aussi, souligne l’ODG, et favoriser les épisodes de gel sur le plateau viticole des Graves. Une façon de se faire des alliés.

Haro sur  la DUP

Alors que le secrétaire d’Etat aux transports, Alain Vidalies, recevait mardi 12 juillet, les dirigeants des collectivités concernées[1] pour explorer les pistes possibles de financement de l’ouvrage (dont le montant est estimé à 9,5 milliards d’euros), les vignerons ont pris le mors aux dents. Dans un entretien accordé, le 12 juin, à France Bleu, Xavier Planty, président de l'ODG et co-propriétaire du Château Guiraud annonce le dépôt d’un recours en conseil d’Etat contre la déclaration d’utilité publique, publié au Journal officiel du 5 juin dernier. L’action sera portée par l’ODG, la fédération des grands vins de Bordeaux (60 appellations, près de 6.000 viticulteurs) et quelques propriétaires, à titre individuel.

 



[1] Carole Delga, présidente de de la région Occitanie, Alain Rousset, président de la région Nouvelle-Aquitaine, Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole, et Virginie Calmels, première adjointe au maire de Bordeaux et vice-présidente de Bordeaux Métropole.

 



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