Les zones mortes ont décuplé depuis 1950

Le 05 janvier 2018 par Romain Loury
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La mer Baltique croule sous les effluents agricoles
La mer Baltique croule sous les effluents agricoles

Plus de 500 sites marins sont désormais considérés en hypoxie, soit dix fois plus qu’en 1950, selon une grande étude publiée jeudi 4 janvier dans la revue Science.

Principaux coupables selon Denise Breitburg, du Smithsonian Environmental Research Center à Edgewater (Maryland), et ses collègues, le réchauffement climatique, qui diminue la solubilité de l’oxygène dans l’eau et accroît sa consommation, et l’afflux de nutriments issus des engrais minéraux. Résultat: l’océan aurait perdu 2% de son oxygène ces 50 dernières années, soit 77 milliards de mètres cubes.

En tout, les zones hypoxiques, celles dont la teneur en oxygène est inférieure à 2 mg/L, ont été multipliées par 10 depuis 1950, progressant d’une surface équivalant à celle de l’Union européenne. Parmi les zones emblématiques, la mer Baltique, le golfe du Mexique et la baie de Chesapeake (côte atlantique des Etats-Unis).

Une désoxygénation nocive

Au-delà de ces zones mortes, qui voient leur biodiversité s’effondrer, la désoxygénation de l’océan peut avoir des effets moins visibles, mais très nocifs sur la faune marine: plus faible croissance, moindre taux reproductif, affaiblissement du système immunitaire –et donc moindre résistance aux maladies.

Outre la lutte contre le réchauffement et les effluents agricoles, il s’agit selon les chercheurs de protéger la faune marine en créant des aire marines protégées (AMP) ou en interdisant la pêche à proximité des zones mortes –celles où se réfugient les poissons en quête d’oxygène-, ou bien de réorienter la pêche vers les espèces les moins affectées par la désoxygénation.

Les coraux ne se portent pas mieux: selon une autre étude publiée jeudi 4 janvier dans Science, les épisodes de blanchissement atteignaient une fréquence de 1 tous les 5,9 ans en 2016, contre tous les 25 à 30 ans au début des années 1980, soit un quintuplement en 35 ans. Egalement en cause, le réchauffement climatique: les pointes de chaleur sont nocives pour les algues vivant en symbiose avec le corail, qu’elles nourrissent par les produits de leur photosynthèse.


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