Les zones humides disparaissent trois fois plus vite que les forêts

Le 27 septembre 2018 par Stéphanie Senet
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Un tiers des zones humides ont disparu entre 1970 et 2015
Un tiers des zones humides ont disparu entre 1970 et 2015

La planète a perdu un tiers de ses zones humides entre 1970 et 2015. Et ce déclin s’accélère depuis le début du siècle à cause de l’urbanisation, de l’agriculture et du changement climatique, alerte la Convention internationale Ramsar dans un rapport publié ce 27 septembre.

Lacs, rivières, marécages, marais, tourbières, estuaires, lagunes, mangroves, oasis, récifs coralliens... Aucune région du monde n’est épargnée par la disparition de ces précieuses zones humides, qui ne couvrent plus que 12 millions de kilomètres carrés: 24 fois la superficie de la métropole.

 

Ressources vitales

Alors que leurs atouts sont innombrables. Sources majeures d’eau douce, elles sont vitales pour leurs aliments, matières premières, ressources génétiques et énergie hydroélectrique... Elles abritent aussi 40% des espèces mondiales, qui y vivent et s’y reproduisent. Sans oublier leur régulation du climat. Les tourbières, qui ne couvrent que 3% de la superficie planétaire, stockent deux fois plus de carbone que toutes les forêts. Avec ce bémol: elles génèrent de 20 à 25% des émissions mondiales de méthane, puissant gaz à effet de serre.

 

Urbanisation et agriculture

Il n’empêche. La pression de l’homme s’est accentuée sur elles depuis 1970, causant la disparition de 35% des zones humides entre 1970 et 2015. En cause: la hausse du drainage à des fins d’urbanisation (en particulier dans les régions côtières) et d’agriculture. Ainsi que le changement climatique. «Elles disparaissent trois fois plus vite que les forêts», alerte Martha Rojas Urrego, secrétaire générale de la Convention internationale sur les zones humides (Ramsar). Signé en 1971, ce traité ratifié par 170 pays protège entre 13 et 18% des zones humides mondiales.

 

Pollutions

La pollution de l’eau et la charge en matières nutritives provenant du ruissellement des engrais représentent la première menace, selon ce rapport «sur les perspectives mondiales des zones humides». Ces zones précieuses reçoivent 80% des eaux usées sans traitement adéquat, selon l’ONU.

Elles sont aussi confrontées à une crise majeure de la biodiversité, plus de 25% de ses plantes et de ses animaux étant en danger d’extinction.

 

Aucune perte nette

Pour y remédier, la seule inscription de nouveaux sites à la liste Ramsar des espaces protégés ne suffira pas. Le rapport insiste sur la nécessité, pour les Etats, d’élaborer des plans de gestion efficaces des zones humides et d’intégrer ces espaces dans toute politique liée au développement durable et aux changements climatiques. En instaurant, en premier lieu, un objectif «d’aucune perte nette des zones humides».

 



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