Les zones humides consomment aussi du méthane

Le 30 juin 2015 par Romain Loury
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Un cycle du méthane plus complexe
Un cycle du méthane plus complexe
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Les zones humides ne se contentent pas d’être parmi les plus gros émetteurs naturels de méthane, elles en absorbent aussi, et bien plus qu’on ne le pensait jusqu’alors. Jusqu’à 50% de leur production, révèle une étude publiée mardi 30 juin dans Nature Communications.

Contre toute attente, les zones humides pourraient aussi jouer le rôle de puits de méthane. Si l’hypothèse n’avait jusqu’alors pas trouvé crédit auprès des scientifiques, c’est que l’on croyait que les sulfates étaient les seuls capables d’oxyder le méthane en l’absence d’oxygène. Or ces molécules sont rares dans les zones humides. Contrairement au fond marin, producteur mais aussi consommateur de méthane, où il est dégradé par des bactéries anaérobies recourant aux sulfates.

Or les zones humides s’avèrent aussi capables de dégrader le méthane par oxydation dans un milieu pauvre en oxygène, révèle l’équipe de Samantha Joye, de l’université de Géorgie à Athens. Bien que rares, les sulfates y connaissent un cycle rapide, ce qui les rend tout à fait aptes à la tâche. Et ce milieu contient bien d’autres substances oxydantes, dont les nitrates, les nitrites, le fer et le manganèse, auxquels les bactéries anaérobies recourent pour consommer ce gaz.

200 millions de tonnes réabsorbées par an

Le phénomène est loin d’être marginal, estiment les chercheurs. Selon des mesures réalisées dans les 40 centimètres de surface de trois zones humides des Etats-Unis (en Floride, dans le Maine et en Géorgie), elles détruiraient 50% du méthane qu’elles produisent. Soit 200 millions de tonnes par an au niveau mondial, du même ordre que le milieu marin.

Corollaire: sans ce mécanisme d’oxydation, les zones humides dégageraient deux fois plus de ce puissant gaz à effet de serre. Pour les chercheurs, «comprendre le budget global du méthane est important pour mieux prédire comment notre climat va évoluer au cours du siècle. Identifier les processus en jeu nous permettra d’ajuster nos calculs».

Face à la montée du niveau de la mer, les zones humides littorales pourraient ainsi atténuer les émissions de méthane, agissant ainsi en tampons, avancent les chercheurs. Envahies par l’eau marine, elles se trouveront ainsi enrichies en sulfates, qui pourraient stimuler l’oxydation anaérobie du méthane qu’elles produisent, réduisant ainsi les émissions.



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