Les zones humides, bonnes pour la santé

Le 31 août 2016 par Romain Loury
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Un effet insoupçonné sur la santé humaine
Un effet insoupçonné sur la santé humaine
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Importantes en termes de lutte contre le réchauffement climatique et de biodiversité, les zones humides le sont aussi pour notre santé. C’est ce que confirment des études présentées mercredi 31 août au congrès Ecosummit2016, qui s’achève jeudi 1er septembre à Montpellier.

Pour Jason Marion, biologiste à l’Eastern Kentucky University, les zones humides sont «les reins de notre environnement»: filtrant et métabolisant les rejets agricoles, elles auraient un effet bénéfique sur les cours d’eau qu’elles desservent. Or sous le coup de l’expansion agricole, nombre d’entre elles ont été asséchées ces derniers siècles.

Exemple au nord de l’Ohio, le «Great black swamp», accolé au sud-ouest du lac Erie, a complètement disparu à la fin du 19ème siècle. Dans l’Ohio, on estime ainsi que 90% des zones humides originelles ont été asséchés par l’homme, dont la majeure partie entre 1880 et 1940, rappelle Jason Marion.

Or sans cet effet de filtration, de nombreux nutriments (nitrates, phosphates) sont rejetés directement dans les rivières. Résultat, des poussées d’algues vertes et de cyanobactéries, également appelées «algues bleues», aux conséquences désastreuses pour l’environnement et pour l’homme.

Des toxines nocives pour le foie

Lors du congrès Ecosummit, rendez-vous scientifique annuel des écologues qui a débuté dimanche 28 août à Montpellier, Jason Marion a présenté des données suggérant un lien entre la disparition des zones humides aux Etats-Unis et les maladies hépatiques chez l’homme. Selon plusieurs études, conduites chez l’animal et chez l’homme, certaines toxines d’algues bleues entraîneraient en effet des maladies, dont la microcystine (maladies du foie) et la BMAA (maladie de Charcot).

Menée sur l’ensemble des Etats-Unis, son analyse, qu’il reste à affiner en raison du manque de données quant à l’évolution historique de l’usage des sols, montre que la prévalence de l’insuffisance hépatique, par comté, est en partie liée à l’ampleur de la disparition des zones humides. La situation pourrait s’aggraver au cours des prochaines décennies en raison d’une demande alimentaire croissante, mais aussi du réchauffement, qui favorise la croissance des cyanobactéries.

Egalement à l’Ecosummit, Jiyoung Lee, de l’Ohio State University, a montré l’impact bénéfique des zones humides sur un autre risque sanitaire, celui des bactéries pathogènes pour l’homme. Etudiant des zones humides jouxtant le lac Erie, dont celle située à l’embouchure avec la rivière Crane Creek qui s’y jette, la chercheuse a montré que cette eau stagnante filtre certains pathogènes, comme l’Escherichia coli, moins abondants dans l’eau prélevée en aval de la zone humide qu’en amont.



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