Les Zapa patinent

Le 08 juin 2012 par Stéphanie Senet
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Plusieurs collectivités veulent un changement de la réglementation
Plusieurs collectivités veulent un changement de la réglementation

Instaurées par la loi Grenelle 2, les zones d’actions prioritaires pour l’air (Zapa) rencontrent de nombreuses difficultés au démarrage.

Pour rappel, les Zapa sont applicables aux communes et aux agglomérations de plus de 100.000 habitants volontaires, en vue de restreindre ou d’interdire la circulation aux véhicules les plus polluants. Les expérimentations peuvent durer de 3 ans à 4 ans et demi.

Alors que 8 villes s’étaient portées candidates à leur expérimentation, à compter de juillet 2012, Nice vient d’abandonner le projet. «Le dispositif est très compliqué, peu efficace et il est incompris d’une grande partie des gens qui le prennent comme une mesure discriminatoire à leur égard», se justifie le député-maire Christian Estrosi (UMP).

Les 7 collectivités restantes réclament quant à elles des aménagements ou des délais supplémentaires.

Aix-en-Provence étudie toujours le dispositif, qui pourrait démarrer en 2013 en association avec d’autres solutions comme la piétonisation, le stationnement en parcs-relais, le renforcement des transports en commun, et le développement du covoiturage.

Grenoble demande un report suite aux conclusions d’une étude montrant que ce sont surtout les jeunes et les ouvriers qui seraient touchés par l’interdiction. «Nous n’avons pas encore assez d’alternatives à leur proposer», explique Jacques Chiron, maire adjoint en charge des transports (PS). Un système sans sanction pourrait toutefois voir le jour en 2014, dans l’attente des nouvelles lignes de tramway.

Clermont-Ferrand est également en retard sur le programme. Elle demande une dérogation pour pouvoir rendre son dossier fin 2012 et affirme que l’interdiction lui paraît socialement insupportable. «A Clermont, on n'a pas trop de problème de poussières, mais d'oxyde d'azote, provoqué par les gros 4X4 sur les boulevards périphériques. On s'est aperçu qu'une régulation à 50 km/h tout au long de la route est très efficace», déclare Danielle Auroi, vice-présidente de la Clermont Communauté (EELV).

La communauté urbaine de Bordeaux a mis le dossier en stand-by en attendant les résultats d’une étude sur les polluants présents dans l’atmosphère.

Lyon remettra seulement une partie de son dossier dans les délais prévus, c’est-à-dire en juillet.

A Saint-Denis, le maire adjoint à l’écologie urbaine Michel Ribay (EELV) estime qu’en ciblant les véhicules les plus anciens, les textes sur les Zapa ont raté leur cible, puisque ce sont ceux qui roulent le moins et qui ne sont donc pas les plus pollueurs.

Enfin, Paris critique aussi la réglementation actuelle. Pour Denis Baupin, maire adjoint en charge de l’environnement (EELV), la classification ne prend pas en compte les émissions de CO2. Résultat: elle pénalise seulement les véhicules diesel les plus anciens et les moins coûteux et non les véhicules les plus puissants et les plus consommateurs d’énergie fossile. En même temps, la ville étudie la possibilité de mettre fin à la zone piétonne Montorgueil selon le maire du IIe arrondissement Jacques Boutault.

La réglementation actuelle (voir JDLE) prévoit des sanctions de 68 euros pour les véhicules légers et de 135 € pour les poids lourds, les bus et les autocars qui rouleraient dans les Zapa.

 



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