Les vols dans les exploitations agricoles explosent

Le 16 octobre 2013 par Marine Jobert
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Ne plus garer son tracteur dans un champ sans surveillance.
Ne plus garer son tracteur dans un champ sans surveillance.
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Faits divers ou faits de société? Les vols augmentent selon une tendance vertigineuse dans les exploitations agricoles: +66% entre 2006 et 2009[1]. On est loin des rapines de quelques kilos de pommes ou de prunes… Il est question de vols d’animaux vivants ou dépecés sur place, de matériel (comme les câbles d’irrigation) ou encore de fourrage disparu, de vendanges sauvages ou de pommes de terre ramassées à la tonne. Le Figaro dévoile aujourd’hui que 7.800 vols ont été commis dans les exploitations agricoles entre janvier et septembre 2013, soit 7,5% de plus qu'à la même période en 2012. Plus fréquents en été qu’en hiver, ces vols ont tendance à se concentrer dans les départements viticoles. Le Midi-Pyrénées, le Limousin ou encore la Lorraine figurent parmi les régions les plus touchées.

 

 

Réseaux des pays de l’Est

Ce bilan est dressé par l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), en charge des données statistiques des crimes et délits. «Cette inflation de 66% n’est pourtant qu’un arbre cachant la forêt, car l’observatoire ne suit qu’une certaine catégorie de vols», met en garde la publication agricole Terre-Net. En effet, les vols de tracteurs, de véhicules ou de carburant, ou les vols par effraction dans les bâtiments d’exploitation, sont répertoriés dans d’autres catégories, sans que soit précisée l’activité de la victime. Pour les tracteurs seulement, 266 vols ont été rapportés par des agriculteurs en 2012. Un bilan[2] en augmentation légère, mais constante, d’année en année. Ces infractions ne peuvent être le fait d’individus isolés, mais bien le travail de réseaux organisés, qui font franchir les frontières en quelques heures aux véhicules volés. «La proximité avec la frontière accentue les risques. Des réseaux installés en Roumanie, Bulgarie, Albanie et plus généralement dans les pays de l’Est, prospèrent», constate Christophe Soullez, criminologue à la tête de l’ONDRP interrogé par Terre Net. «Certains vols sont même effectués sur commande par un donneur d’ordre installé dans l’un de ces pays. Les malfaiteurs cherchent leur cible, procèdent au vol en début de nuit pour passer la frontière au plus vite. Le lendemain matin, ils sont déjà loin.»

 

Ne pas céder à l’auto-défense

La FNSEA a dénoncé début septembre ces exactions. «Les agriculteurs qui travaillent durement refusent d’être en permanence sur le qui-vive. Ils n’ont pas pour métier une action d’auto-défense ou de police de protection de leur exploitation.» Les agriculteurs pourraient avoir été entendus, puisque pour la première fois, le colonel commandant le groupement de gendarmerie de Seine-et-Marne va assister au prochain conseil d'administration du syndicat agricole. Arnaud Rousseau, le président de la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles du département, recommande à ses adhérents des moyens de surveillance, comme le phare de détection de mouvements dans les cours de ferme ou la pose d'alarmes .«Nous voulons une stricte application de la loi pour les voleurs, car si la sensation d'impunité perdure, cela poussera les gens à des comportements extrêmes», prévient-il dans Le Figaro.



[1] Soit environ 6.000 vols simples constatés à 9.864.

[2] La valeur totale des tracteurs volés en 2012 dépasserait les 10 M€.

 



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