Les voix s’élèvent contre Iter

Le 29 juillet 2011 par Célia Fontaine
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L'enquête publique sur le projet Iter se tient en ce moment et jusqu’au 4 août prochain. Europe-Ecologie et FNE pointent l’inutilité de l’installation.
 
Le prototype de réacteur nucléaire, qui doit être construit à Cadarache (Bouches-du-Rhône) pour un montant de 15 milliards d’euros, est une installation de recherche sur la production d'énergie à partir de la fusion nucléaire d'atomes légers (deutérium et tritium, isotopes de l'hydrogène)[1]. Il cherche en somme à reproduire sur terre la fusion thermonucléaire qui se produit au cœur des étoiles. La construction de l’installation doit débuter en 2012 et la date pour l’obtention du premier plasma (tentative de fusion d’atomes d’hydrogène) est fixée à novembre 2019 (dans le JDLE).
 
Ce projet a fait l'objet d'un traité international en 2005 entre 7 partenaires: l'Union européenne (Euratom), la Chine, l'Inde, le Japon, la Corée du Sud, la Russie et les Etats-Unis. Il est actuellement très critiqué par les associations anti-nucléaires, mais aussi par des physiciens (dont feu le prix Nobel Georges Charpak), qui estiment que le budget Iter coûte à la France l’équivalent de 20 ans d’investissement en physique et biologie.
 
Pour Laurence Vichnievsky, conseillère régionale Europe Ecologie (EELV) de Paca, il est regrettable que l’enquête publique qui se tient actuellement «se déroule en plein été et que les citoyens ne puissent donner leur avis que sur la base d'un document de 3.500 pages», difficilement compréhensible, peut-on lire dans un communiqué du 28 juillet. L’élue regrette également que l’enquête ne soit consultable que dans les 12 communes avoisinant le site du projet, pourtant de dimension internationale.
 
Le parti écologiste demande donc «au minimum» un moratoire sur le projet, compte-tenu des nombreux aléas techniques et financiers qui pèsent sur ce dossier.
 
De son côté, France nature environnement (FNE) insiste sur les nombreux inconvénients d’Iter: «Dans le meilleur des cas, le premier kilowatt-heure provenant d'un réacteur de fusion apparaitrait vers 2080. Bien trop tard pour participer à la lutte contre le réchauffement climatique! Bien trop tard pour constituer une nouvelle source d'énergie».
 
Autre défaut de poids, son prix. Sur les 15 milliards d'euros envisagés, l'Union européenne doit fournir environ 45% du budget, le reste se partageant entre la Chine, l'Inde, le Japon, la Corée du Sud, la Russie et les Etats-Unis. Cependant, le Japon n’est pas sûr de maintenir sa participation, accident de Fukushima oblige…
 
En outre, le coût lié au démantèlement de l'installation «est radicalement sous-évalué», remarque FNE et les risques sanitaires sont nombreux et mal évalués. «On ne trouve aucune cartographie de l'impact en cas d'accident» dans le dossier, expliquent les associatifs. En ce qui concerne les risques liés aux techniques expérimentales comme l'atelier de «détritiation», qui consiste à recycler l'essentiel (environ 90%) du tritium émis pour le réutiliser, il faudrait aller au-delà du stade de l’expérimentation.
 
«L'urgence est de diminuer nos consommations énergétiques, notamment par la réhabilitation thermique des bâtiments et la modification de nos comportements quotidiens, et de développer les énergies renouvelables. Toutes ces mesures sont fortement créatrices d’emplois locaux», conclut Pierre Aplincourt, président de l'URVN-FNE PACA.
 


[1] alors que la production d'énergie nucléaire se fait jusqu'ici classiquement par fission d'atomes lourds (uranium)


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