Les voitures électriques ont-elles un avenir en France ?

Le 17 décembre 2010 par Célia Fontaine
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Alors que le groupe Bolloré a été retenu pour le projet « Autolib » de voitures électriques en libre-service en Ile Ile-de de-France (peut-on lire dans un communiqué du syndicat mixte du 16 décembre), une étude Xerfi publiée le 17 décembre estime que le déploiement des voitures électriques restera marginal en France.

Les 3.000 premières mini-citadines (3,65 mètres) seront mises en circulation en octobre 2011 dans Paris et 41 communes de la région. Le déploiement complet d'Autolib' sera achevé en mars 2012 avec 1.000 stations.

Le véhicule a été fabriqué à Turin (Italie). Equipé d'une batterie « Lithium Métal Polymère », il a été développé et produit par Bolloré en Bretagne. D'une capacité de 30 kilowattheures (kWh), il a une autonomie d’environ 250 km kilomètres et se recharge en 4 à 8 heures. Sa vitesse est limitée à 130 km/h, avec une accélération de 0 à 60 km en 6,3 secondes.

Sur le modèle du fameux Vélib', environ 1.060 stations (dont 700 dans Paris) seront implantées sur le territoire des communes adhérentes. Chaque station comportera une borne interactive à écran tactile, sur laquelle l'utilisateur pourra choisir sa station d'arrivée et recharger sa voiture. Les abonnements coûteront 12 euros par mois, et cinq 5 euros pour la première demi-heure d'utilisation (alors qu'au départ la ville tablait sur un abonnement à 15 euros mensuel).

Les communes financeront les stations (50.000 euros chacune). Autolib’ étant une délégation de service public (DSP), le délégataire se rémunérera par le biais de la tarification perçue auprès des usagers. Bolloré apporte pour sa part 60 millions d'euros en capital. Les dépenses de réparation et d'assurances sont évaluées à 3.000 euros par voiture et par an. Elles seront prises en charge par l'entreprise.

Paris et sa région ne sont pas les premières à proposer des véhicules moins émetteurs de CO2[1]. La Rochelle par exemple a lancé les premiers vélos en libre-service en 1974 et les premières voitures électriques en 1995. A Bordeaux, un système permet d’emprunter l'une des trois lignes de tramway, puis de finir son trajet à vélo et d’avoir recours à la voiture pour de petits parcours en dehors de la ville.

Lyon a lancé le concept Autolib’ en 2003 et possède un parc de 70 voitures et 22 stations. A Lille, un service d' autopartage a été lancé en 2007 afin de réduire les encombrements dans la ville.

La voiture électrique semble donc trouver sa place dans le paysage urbain par le biais de ces mises à disposition en libre service. Mais selon Xerfi, les véhicules électriques ne dépasseront pas 2 % des immatriculations totales à l’horizon 2020 et resteront encore longtemps un marché de niche en France.

« Des prévisions qui contrastent avec le consensus général des opérateurs ou des observateurs qui table sur 5% à 10 % », relève le communiqué du leader des études économiques sectorielles.

Parmi les principaux freins au déploiement de ce marché, l’étude met l’accent sur  les difficultés techniques contraignantes, comme la faible autonomie des batteries ou encore l’absence d’infrastructure en matière de bornes de recharge et de standard technologique.

Autre obstacle, « un environnement économique défavorable », puisque le budget auto est devenu « une variable d’ajustement » pour les ménages face à la hausse des dépenses contraintes (logement ou télécoms par exemple). Enfin, l’étude note un coût d’achat et d’usage supérieur à celui d’un véhicule diesel équivalent, « quelle que soit l’évolution du cours du pétrole ». Selon les calculs de Xerfi les futurs propriétaires d’une auto décarbonée ne peuvent espérer un « retour sur investissement » avant 4 à 5 ans.

Enfin, l’amélioration des performances environnementales des futures automobiles (hybrides mais aussi des moteurs à essence ou diesel) rendra les véhicules électriques moins attrayants. Sans oublier que « l’essor de systèmes électriques innovants, qui équipent les véhicules zéro émission et bientôt les véhicules thermiques, renforce le rôle des équipementiers et fabricants de batteries », estime l’étude.

 



[1] Le concept de voiture en libre-service existe au Pays-Bas depuis 1995, l'autopartage existe également en Suisse et en Allemagne depuis plus d'une vingtaine d'années et aux Etats-Unis, la voiture à louer en libre-service existe depuis plus de 10 ans (Zipcar), concept maintenant présent à Londres

 



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