Les vignes pourront boire toute l’année

Le 11 septembre 2017 par Marine Jobert
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Les vignes irrigables toute l'année.
Les vignes irrigables toute l'année.
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Les vignes sous appellation d’origine contrôlée pourront être irriguées toute l’année si les conditions climatiques mettent à mal la qualité du raisin ou la pérennité de la plante. Une petite révolution bienvenue dans le monde viticole, jusqu’ici tenu de respecter des dates pas toujours en phase avec la maturité des cépages.

C’est un texte d’adaptation au changement climatique qui vient d’être publié au Journal officiel. D’apparence technique, le décret n° 2017-1327 du 8 septembre 2017 relatif à l'irrigation des vignes aptes à la production de vins à appellation d'origine contrôlée raconte la soif qui frappe, année après année, le vignoble français. Et la nécessité d’adapter la réglementation en matière d’irrigation.

Une première réforme en 2006

Avant 2006, la situation était sans ambiguïté: aucune irrigation n’était autorisée pour les ceps, qu’ils finissent dans les rayons avec une étiquette en appellation contrôlée ou non. Deux décrets viennent alors infléchir cette interdiction. A partir de 2006, l’irrigation est autorisée jusqu’au 15 août hors appellation, et interdite sous appellation entre le 1er mai et le 15 juin et entre le 15 août et la récolte. A condition que le cahier des charges de l’appellation l’autorise. «Par principe, les cahiers des charges en région méditerranéenne avaient tous été modifiés», précise Jean-Christophe Payan, spécialiste des conséquences du stress hydrique à l’Institut français du vin et de la vigne.

Compenser le stress hydrique

Le nouveau décret modifie ce paramètre: l’irrigation est autorisée pour les appellations d'origine contrôlée sans limitation de date et quel que soit le stade de maturité du raisin, «lorsqu’[elle] a pour objet de compenser un stress hydrique de nature à mettre en péril la qualité du raisin ou la pérennité de la plante». Une libéralisation «logique», aux yeux de l’agronome. «Auparavant, il arrivait toujours des pluies qui rééquilibraient les apports. Mais ces pluies ne sont plus là à cause du changement climatique, constate Jean-Christophe Payan. Aujourd’hui, on a affaire à des sécheresses, des canicules, des orages dont les trois quarts ruissellent ou à des pluies trop faibles.» Une libéralisation également plus en phase avec les différences de précocité en fonction des cépages.

Volumes gonflés=déclassement

Reste que le texte du décret est assez large quant aux motifs qui permettent d’envisager le recours à l’irrigation. «On peut y mettre tout ce qui atteint la qualité ou le rendement, quels que soient les stades, sous couvert des contraintes climatiques», résume l’agronome. Le robinet va-t-il désormais rester ouvert dans les vignes françaises et assécher encore un peu plus des nappes phréatiques très mal en point? Un garde-fou subsiste: comme sous la réglementation antérieure, les producteurs ne sont pas autorisés à dépasser le rendement de base de l’appellation, calé sur les rendements historiques. Un vrai bâton pour ceux qui seraient tentés d’arroser un peu trop pour gonfler leurs volumes, car un dépassement des rendements de l’appellation entraîne automatiquement un déclassement de la parcelle.

 

 



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