Les vêtements remplis de substances irritantes

Le 04 juillet 2018 par Romain Loury
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Un risque d'allergies et d'irritations
Un risque d'allergies et d'irritations

Les substances allergisantes, irritantes et CMR sont légion dans les vêtements et les chaussures, révèle un rapport publié mercredi 4 juillet par l’Anses. Celle-ci appelle les autorités à «maintenir une pression de contrôle» sur ces produits, et les consommateurs à laver leurs habits avant usage.

Moins connue que dans l’alimentation, la présence de substances chimiques dans les vêtements et chaussures n’en est pas moins problématique, d’autant que les contrôles y sont moins fréquents. Dans un rapport publié jeudi, l’Anses[i] révèle l’omniprésence de ces agents chimiques, fréquemment responsables d’irritations et d’allergies.

Un bouillon chimique

Parmi les 25 vêtements qu’elle a analysés, l’agence en a ainsi retrouvé plusieurs: 1,4-paraphénylène diamine (PPD, sensibilisant cutané) dans 20% des cas, métaux lourds (cobalt, cuivre, antimoine, plomb, cadmium, mercure) dans 16% des cas, chrome (20 %), nickel (16 %), nonylphénols et nonylphénols éthoxylates (sensibilisants cutanés) dans 20% des cas.

Idem dans les chaussures, pour lesquelles l’Anses évoque le chrome VI (cancérogène et sensibilisant cutané), certes en-dessous de la limite réglementaire fixée à 3 mg/kg, ainsi que la colophane (sensibilisant) et le formaldéhyde (cancérigène).

Dans une petite étude menée sur 31 personnes ayant enduré des symptômes cutanés, quatre substances ressortent en priorité parmi les causes d’irritation et d’allergie, à savoir la résine 4-tertbutylphénolformaldéhyde, le nickel, le chrome VI et la colophane.

Contrôler, informer, laver

L’Anses appelle les autorités à «maintenir une pression de contrôle» afin d’empêcher la présence sur le marché d’articles non conformes. Par ailleurs, elle propose d’abaisser le seuil réglementaire du chrome VI dans les articles en cuir, et d’en fixer un pour le nickel dans les textiles.

Quant aux consommateurs, l’agence leur recommande de laver tout vêtement avant le premier usage, pratique qui y diminue fortement la présence de ces substances. Du moins pour certaines d’entre elles, mais pas pour d’autres: la quantité de NP et de NPEO diminue après lavage, tandis que celle de PPD augmente, peut-être en raison d’une faible stabilité chimique des colorants en contenant.

Selon l’Anses, il serait aussi utile de mettre en place un dispositif d’information, notamment par étiquetage, indiquant aux consommateurs la présence de substances irritantes ou allergisantes, en particulier pour les personnes déjà sensibilisées à certaines d’entre elles.



[i] Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail

 



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