Les véhicules décarbonés existent, je les ai rencontrés

Le 09 mars 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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PSA affirme avoir vendu 4000 voitures électriques en 2011.
PSA affirme avoir vendu 4000 voitures électriques en 2011.

L’Ademe présentait, ce matin, des prototypes de 2, 3 et 4 roues «zéro émission». Des véhicules qui préfigurent, peut-être, l’avenir de la voiture urbaine.

Ce matin, place Vauban à Paris, les touristes japonais avaient un autre point d’attention que le dôme d’or de l’hôtel des Invalides. A quelques encablures du tombeau de Napoléon, l’Ademe présentait une demi-douzaine de prototypes de véhicules décarbonés, fruits des recherches financées par le Fonds démonstrateur de recherche et du programme des investissements d’avenir. Au total, les constructeurs ont bénéficié de 21 millions d’euros d’aides publiques.

Sur le pavé parisien, on pouvait donc découvrir et tester de curieux engins: tricycle électrique à 4 roues (authentique), scooter électrique pliable et démontable (pour le ranger dans le coffre d’une voiture), un utilitaire hybride à «moteur-roues» ou des vélos à assistance électrique.

Certains de ces concept cars ayant arraché des sourires ironiques aux journalistes automobiles, François Loos a tenu à rappeler les enjeux des recherches actuellement menées par les constructeurs.

«Aujourd’hui, la consommation actuelle du parc automobile atteint 7 litres au 100 kilomètres. Les émissions des voitures représentent donc 65 millions de tonnes équivalent CO2 par an. On doit pouvoir passer à 4 l/100 km. Ce qui réduirait de 30 millions de tonnes équivalent CO2 les émissions carbonées des véhicules légers. Mais on voit bien que ce n’est pas suffisant pour atteindre le facteur 4, la division par 4 des émissions de carbone, d’ici 2050», explique le président de l’Ademe.

La solution: «électrifier la chaine de traction», estime Joseph Beretta, responsable Energies, technologies et émissions automobiles de PSA. En clair, disposer de véhicules électriques ou hybrides rechargeables.

Certains sont déjà des bouffeuses d’asphalte, à l’instar de la Renault Kangoo ZE ou de la Peugeot Ion. A lui seul, le groupe PSA revendique 4.000 ventes de véhicules électriques en 2011.

Leurs avantages et leurs inconvénients sont bien connus. A l’actif, des véhicules «zéro émission» (dans le contexte électrique français où 90% de la production d’électrons est non émettrice de GES): silence, confort, agrément de conduite.

Au passif, des prix élevés (la location de la batterie étant en sus du prix de vente de la voiture et du coût de la recharge), une quasi-absence d’infrastructures de recharge.

Si les constructeurs ont peu de levier à actionner pour faire avancer le dernier dossier, ils rivalisent d’imagination pour décrocher le graal de la voiture électrique: la performance énergétique.

Les batteries des années à venir ne devraient pas, en effet, voire leur performance (et donc l’autonomie du véhicule) considérablement progresser. Conséquence: il faut réduire les consommations électriques pour aller de l’avant.

Développé par Renault, le programme Vegatop «vise à réduire de 40% les consommations imputables au chauffage et à la climatisation d’un véhicule électrique», résume Jérôme Perrin, directeur Projets avancés CO2, énergie, environnement du constructeur au losange.

Chez Michelin, on mise sur la roue motorisée. Son principe est simple, rappelle Patrick Oliva: chaque roue est équipée d’un petit moteur électrique. Ce concept a pour intérêt d’alléger le véhicule de la masse d’un moteur. Autre originalité du système, il est adaptable sur de petits ou des gros véhicules, comme des bus.

En partenariat avec Orange, Bibendum travaille aussi à la conception d’un véhicule électrique connecté à internet. «Cela permettra d’améliorer facilement le logiciel d’aide au pilotage», précise le directeur de la prospective et du développement durable du producteur de pneumatiques. Mais pas avant 2015-2016.

Ce délai d’attente est sans doute une bonne nouvelle. Cela laissera du temps aux constructeurs et à leurs sous-traitants pour optimiser leurs chaines de montage en vue d’accroitre les cadences de production et de réduire les coûts.

Ce qu’a déjà su faire Peugeot qui a réduit de 26% le prix de vente de sa Ion, laquelle vaut encore 22.000 € (bonus gouvernemental compris). Pas donné pour une petite citadine!

Cela permettra aussi aux industriels de faire aboutir les travaux de normalisation des bornes de recharge. Des négociations, menées à l’échelle française et européenne, qui n’ont pas tout à fait atteint leur vitesse de croisière.

Cela permettra enfin à ERDF et aux énergéticiens de déterminer les conditions techniques et économiques du déploiement du réseau national de recharge. Pas simple de changer de carburant.

 

 



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