Les VAE chinois au prix du dumping? La Commission enquête

Le 30 octobre 2017 par Marine Jobert
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Le VAE européen est massivement made in China.
Le VAE européen est massivement made in China.

Des volumes et des tarifs qui écrasent la concurrence européenne. Voilà ce que reproche la Commission aux importations de vélos chinois à assistance électrique, qui inondent le marché européen depuis quelques années.

Il y a plus de 25 ans, l’Europe cherchait à se protéger de la déferlante des vélos chinois sur son territoire. En l’espace de trois ans, les importations de deux-roues en provenance de République populaire et de Taïwan avaient grimpé de 70% par an, la part de marché asiatique passant de 4,6% en 1989 à 10,5%, quand celle de l'industrie communautaire baissait de 33 à 27%. Pas étonnant, puisque les vélos chinois coûtaient quasiment moitié moins cher que ceux made in Europe (avec une moyenne de 43,8% d’écart). Bruxelles avait crié aux pratiques de dumping et instauré un taux de droit d’importation de 34,4% du prix net avant dédouanement.

Quantité, prix, part de marché

L’histoire bégaye puisque la fédération européenne des fabricants de bicyclettes (EBMA) vient à nouveau de porter plainte contre Pékin devant la Commission européenne, le 8 septembre dernier. Cette fois-ci, ce sont les volumes et les prix des importations pratiqués par la Chine sur les vélos à assistance électrique (VAE) qui provoquent le courroux des industriels européens du secteur. Dans son avis d’ouverture d’une procédure antidumping, publiée le 20 octobre, la Commission juge crédible que «le volume et les prix des importations [des VAE] ont eu, entre autres conséquences, une incidence négative sur les quantités vendues, le niveau des prix pratiqués et la part de marché détenue par l’industrie de l’Union, ce qui a considérablement nui aux performances globales et à la situation financière de cette dernière».

En 2013, les professionnels européens du solaire avaient dénoncé à la Commission les coûts des panneaux chinois dont 80% étaient pris en charge par l’Etat ou le secteur bancaire public. Cette aide massive, et illégale au regard des règles de l’OMC (dont la Chine est membre), permettait aux industriels chinois de mettre sur le marché des produits à des prix défiant évidemment toute concurrence. Les droits de douane, après enquête, avaient été relevés de 47,7%. Confirmée en février 2017 par la Cour de justice de l'Union européenne, cette mesure antidumping doit être progressivement levée d’ici août 2019.

De 25 à 45 km/h

L’enquête couvrira la période du 1er octobre 2016 au 30 septembre 2017 concernant les éventuelles pratiques de dumping, et se penchera sur les tendances du secteur à compter du 1er janvier 2014. Elle se concentra sur les vélos pouvant atteindre les 25 km/h – 250W, ainsi que sur ceux qui grimpent à 45 km/h (dit Speed pedelec). Les activités d’un échantillon de producteurs-exportateurs, importateurs indépendants, ainsi que de producteurs de l’Union seront passées au crible. Ils ont 15 jours pour se faire connaître.

Plainte contre les subventions chinoises

D’une durée maximale de 15 mois, cette enquête pourrait donner lieu, avant même sa clôture, à l’édiction de taxes anti-dumping. C’est le souhait de l’EBMA, qui envisage de porter à nouveau plainte contre les subventions accordées par l’Etat chinois à son industrie, qui produit quelque 30 millions de VAE par an. Environ 5% part pour l’étranger. Les vélos dont les éléments sont fabriqués en Chine, mais assemblés au Cambodge ou au Bangladesh, échappent à la taxe de 48,5% actuellement appliquée aux portes de l’Europe.

La Chine inquiète…pour le climat

Dans une réponse qui ne manque pas de piquant, le directeur du bureau des recours commerciaux et des enquêtes du ministère chinois du commerce, cité par un média chinois, estime que cette enquête serait incompatible avec les intérêts des consommateurs et les efforts de l'Union pour lutter contre le changement climatique. «La Chine demande à l'Union de respecter les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et de mettre fin aux mesures antidumping sur les vélos chinois, et de ne pas laisser l'enquête sur les vélos électriques devenir un nouveau cas de protection commerciale», a déclaré Wang Hejun.



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