Les usines de dessalement polluent plus que prévu

Le 15 janvier 2019 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Elles produisent plus de toxiques que d'eau douce.
Elles produisent plus de toxiques que d'eau douce.

 

De plus en plus répandues dans le monde, les usines de dessalement produisent davantage de rejets toxiques que d’eau douce, selon une étude de l’Université des Nations unies publiée le 14 janvier dans la revue Science of the Total Environment.

 

Pour chaque litre d’eau douce produite pour la consommation humaine ou l’industrie, une usine de dessalement rejette 1,5 litre de «saumure», une boue ultra-saline. Au niveau mondial, les 16.000 installations présentes dans 177 pays produisent chaque jour 142 millions de mètres cubes de saumure. Soit 50% de plus que prévu, selon l’étude réalisée par des chercheurs de l’Université de l’ONU au Canada, en Corée du Sud et aux Pays-Bas. Cette saumure pourrait couvrir la Floride de 30 centimètres en un an.

 

Or elle s’avère polluante. La plupart des usines la rejettent directement dans la mer, les rivières et les eaux de surface, où la concentration en sel bouleverse les écosystèmes et accroît la température de l’eau. Elle est aussi à l’origine d’une pollution au chlore et au cuivre.

 

Fausse bonne solution

Alors que la dessalement est en plein boom dans le monde, en particulier en Afrique du Nord et au Proche-Orient, à cause du réchauffement climatique, de la sécheresse, des pollutions de l’eau et de la pression démographique, elle fait figure de fausse bonne solution. «Dilemme saumâtre!», résument les scientifiques. «Nous devons produire moins de saumure que d’eau claire et gérer différemment cette pollution», estime Manzoor Qadir, directeur adjoint de l’Institut pour l’eau, la santé et l’environnement de l’Université de l’ONU au Canada.

 

Valorisations en vue?

Cette boue pourrait notamment être utilisée dans l’aquaculture et la production d’électricité. Des recherches testent également l’extraction du sel, de métaux et de minéraux comme le magnésium, le gypse, le calcium, le potassium, le brome et le lithium. D’ici 2025, le nombre d’usines de dessalement devrait progresser de 16.000 à 17.500 unités à travers le monde.

 

 

 

 



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus