Les œufs à la dioxine : une affaire criminelle ?

Le 07 janvier 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

 

Lors d'une conférence de presse du gouvernement, le ministère allemand de l'agriculture a évoqué ce vendredi 7 janvier «  des indices qui plaident » pour une origine «  criminelle » dans le scandale de contamination à la dioxine qui touche des milliers de fermes et exploitations dans une bonne partie du pays.

Des graisses à usage industriel ont été mélangées aux graisses entrant dans la composition d'aliments pour le bétail et les volailles, contaminant des œufs et des porcs avec de la dioxine, produit cancérigène.

« Nous ne savons pas encore combien d'agriculteurs sont concernés, a dit porte-parole . Il faut clarifier le contexte et les circonstances de l'affaire (...) Mais la ministre (Ilse Aigner) a dit clairement hier que les agriculteurs souffraient d'une situation provoquée semble-t-il - je le dis avec prudence - par une dose d'énergie criminelle », a déclaré le porte-parole du ministère.

Les graisses à usage industriel sont apparemment moins chères à produire que les graisses alimentaires. « Dans de telles quantités, cela ne peut pas être une erreur  », estime ainsi un responsable des autorités de Basse-Saxe, Konrad Scholz.

Quelque 4.709 exploitations agricoles sur environ 375.000 dans le pays ont été fermées par précaution dans huit Etats régionaux sur seize, a annoncé le ministère de l'Agriculture.

Des graisses alimentaires fabriquées par le groupe allemand Harles und Jentzsch sont à l'origine de ce scandale. Une enquête judiciaire est en cours visant cette société basée à Uetersen (nord). « Nous n'avons pas utilisé de graisses non autorisées », s'est défendu son patron, Siegfried Sievert, dans une interview à la télévision allemande Spiegel TV qui doit être diffusée dimanche.

Il a affirmé ne pas savoir d'où venait la contamination à la dioxine, ajoutant que la firme était en train de faire des examens et « travaillait en étroite collaboration avec les autorités ».

Jusqu'à 150.000 tonnes d'aliments pour animaux ont pu être contaminées à la dioxine, d'après Berlin.

Ce résidu de combustion industrielle ou naturelle peut, à haute dose, provoquer le cancer. Selon Berlin, dans le cas présent, il n'y a aucun risque pour la santé des consommateurs.

Des analyses de laboratoire ont confirmé une contamination à la dioxine, avec par endroits des taux 78 fois supérieurs à la norme, des graisses alimentaires fabriquées par Harles und Jentzsch, qui produit également des graisses destinés à l'industrie.

100.000 oeufs ont déjà été détruits en début de semaine en Basse-Saxe.

Depuis, la traque aux oeufs contaminés s'est étendue aux Pays-Bas, où 136.000 oeufs suspects avaient été importés d'Allemagne, et à la Grande-Bretagne, où des gâteaux et quiches à base de ces oeufs ont été pour la plupart déjà vendus en grandes surfaces.

L'Agence de sécurité des aliments du Royaume-Uni (FSA) a écarté un risque pour la santé des consommateurs britanniques, comme l'ont fait les autorités sanitaires allemandes et néerlandaises.

Entretemps, les autorités ont confirmé que Harles und Jentzsch était au courant depuis mars d'une contamination de ses produits.

Une analyse avait révélé un taux de dioxine plus de deux fois supérieur à la norme, mais ces résultats n'ont pas été communiqués aux autorités compétentes avant décembre.

Le ministère de l'Agriculture a mis en place un numéro d'appel pour informer les citoyens alors que la consommation d'oeufs fléchit en Allemagne.

La ministre, Ilse Aigner, qui doit rencontrer des représentants agricoles lundi pour évoquer les conséquences du scandale, a proposé de meilleures règles européennes en matière de protection de la chaîne de production alimentaire.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus