Les tribulations climatiques d’Emmanuel Macron en Chine

Le 10 janvier 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La France peine à résorber son déficit commercial avec la Chine.
La France peine à résorber son déficit commercial avec la Chine.
© Renato Ganoza - Flickr - C.C.

Tout en voulant cimenter l’alliance climatique entre la France et la Chine, le président de la République donne son imprimatur à la conclusion de contrats peu carbon friendly.

 

Le président de la République n’en finit pas d’asseoir son leadership diplomatique. Recevant de nombreux visiteurs étrangers chaque semaine à l’Elysée, il entend aussi imprimer la marque France dans les capitales de la planète. En ce début de semaine, Emmanuel Macron tentait de resserrer les liens entre la France et la Chine, à Xian (nord de la Chine) puis à Pékin.

COP 24

Au cœur de cette visite d’Etat: la volonté pour le locataire de l’Elysée que France et Chine constituent un duo de champions du climat. Lundi 8 janvier, le président français a même proposé que Paris et Pékin annoncent de concert «un rehaussement de nos engagements» climatiques, lors de la COP 24, qui doit se tenir en décembre à Katowice (Pologne). Une proposition à laquelle Xi Jiping, le président chinois n’a pas donné suite. Pour le moment.

10 à 12 milliards d’euros

Et on peut le comprendre. Car, au vu des contrats conclus avec les industriels français, la position de leaders de la lutte contre le changement climatique risque d’être difficile à assumer. Bien sûr, objectera l’équipe tricolore, les énergéticiens chinois promettent de faire des emplettes nucléaires. Concrètement, Pékin a signé, mardi 9 janvier, un protocole d’accord commercial pour l’achat à New Areva d’une usine de retraitement de combustibles usés (800 tonnes par an) et de production de combustible MOx. Montant prévu du contrat: entre 10 et 12 milliards d’euros.

Mais pas sûr qu’ils puissent être crédités de sitôt dans les comptes du groupe français. Les négociations sont en cours depuis de nombreuses années. Et nul n’imagine que le contrat puisse être effectivement conclu rapidement. New Areva et China National Nuclear Corporation (CNNC) doivent encore se mettre d’accord sur le prix.

Climatisation et biomasse

EDF, le nouveau propriétaire de la division réacteurs d’Areva, tire aussi son épingle du jeu. L’énergéticien français va construire et exploiter le système de production d’eau glacée et d’eau chaude sanitaire de la ville de Hainan (Sud), largement alimentée par de l’électricité d’origine photovoltaïque. Dans le Henan (Centre), le groupe présidé par Jean-Bernard Lévy va, là encore, construire et exploiter une centrale de cogénération à biomasse de 35 mégawatts (MW). Ces deux installations permettront, estime l’entreprise française, d’éviter 220.000 tonnes de CO2 par an.

Plus embêtant pour le climat est l’espoir français de vendre entre 50 et 100 Airbus A320 et 330 à des compagnies chinoises. Ces beaux bébés européens rejettent 130 grammes de CO2 par kilomètre parcouru. Et ils peuvent voler une bonne quarantaine d’années.

Autre entorse aux règles de la bonne gouvernance climatique: l’obtention de la levée prochaine de l’embargo chinois sur les importations de bœuf français. Or la production d’un kilogramme de steack ou de bavette rejette plus de 14 kg CO2 équivalent. C’est simple, c’est la viande la plus émettrice de gaz à effet de serre.



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