Les travailleurs de l’amiante risquent plus la crise cardiaque ou l’AVC

Le 04 avril 2012 par Geneviève De Lacour
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L'étude britannique passe en revue les malades de l'amiante entre 1971 et 2005.
L'étude britannique passe en revue les malades de l'amiante entre 1971 et 2005.

Affectés au niveau des poumons, les travailleurs de l'amiante ont aussi plus de risque de mourir d'une crise cardiaque ou d'un accident vasculaire cérébral (AVC). C’est ce que révèle une étude britannique réalisée par le Health and Safety Laboratory (HSL), un laboratoire public britannique spécialisé dans la santé au travail. L’étude a été publiée le 2 avril dans la revue Occupational and environmental medicine, dépendant du British Medical Journal (BMJ).

La mortalité par AVC et par cardiopathies coronariennes (principalement l'infarctus du myocarde, ndlr) est significativement plus élevée pour les travailleurs de l'amiante que pour la population générale, expliquent des chercheurs britanniques.

L’amiante est une fibre qui affecte les poumons en cas d’inhalation. Et ce matériau isolant, résistant et bon marché, très utilisé jusqu'aux années 1990, n’a été banni par l'Union européenne qu’en 2005. Or ces fibres provoquent des cancers du poumon (cancer bronchopulmonaire), de la plèvre et du péritoine (mésothéliome malin), ainsi que des pathologies pulmonaires non cancéreuses: fibroses et asbestose.

Jamais le lien entre exposition aux fibres d’asbeste et le risque de maladies cardiovasculaires n’a été établi, alors même que l'amiante est connue comme agent inflammatoire. Or on sait que les processus inflammatoires sont directement impliqués dans les maladies cardiovasculaires, expliquent les chercheurs dans leur article.

L'étude a porté sur l'analyse du suivi médical, entre 1971 et 2005, de 98.912 personnes (94.403 hommes et 4.509 femmes) ayant travaillé au contact de l'amiante, soit pour des travaux de désamiantage, soit dans l'industrie. Il faut noter que plus de la moitié de ces employés étaient des fumeurs (58% pour les hommes et 52% pour les femmes au début de l'étude).

Au total, 15.557 personnes sont mortes entre 1971 et 2005, toutes causes confondues, dont 1.053 d'un AVC et 4.185 d'un infarctus.

En s'appuyant sur les taux de mortalité standardisés, les travailleurs de l'amiante ont nettement plus de chance de mourir d'une maladie cardiovasculaire que la population générale, même en prenant en compte les risques accrus associés à la cigarette, souligne le British Medical Journal dans une présentation de l'article.

Les travailleurs de l'amiante masculins ont 63% de risques supplémentaires de mourir d'un AVC et 39% de risques supplémentaires de mourir d'une crise cardiaque, précise le BMJ. Pour les femmes, les risques supplémentaires sont, respectivement, de 100% et 89%.

En outre, des indices montrent que plus l'exposition à l'amiante est longue, plus le risque de mourir d'une maladie cardiaque est grand, même en prenant en compte le risque lié au tabagisme, ajoute la revue britannique.

 

 



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