Les transports publics attendent leur bouée de sauvetage

Le 26 mai 2020 par Victor Miget
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Le GART s'inquiète d'un trou de 4 milliards d'euros dans la trésorerie des autorités organisatrices de la mobilité.
Le GART s'inquiète d'un trou de 4 milliards d'euros dans la trésorerie des autorités organisatrices de la mobilité.

Dans un courrier adressé à Emmanuel Macron le 20 mai dernier, rendu public lundi 25 mai, le Groupement des autorités organisatrices de transport (Gart) demande à l’Etat de combler le trou creusé par l’épidémie de Coronavirus. Montant de la facture : 4 milliards d’euros.

 

Après un plan de secours pour Air France et la filière automobile, il serait temps de penser aux transports publics, suggère le Gart. La semaine dernière, le groupement a écrit à Emmanuel Macron pour que l’État compense les baisses tarifaires et du versement mobilité, occasionnés par la crise sanitaire.

Moins de recettes, mais des dépenses

Dans son courrier, le Gart prévient que les collectivités locales vont être confrontées à un déficit de ressources conséquent à la fin de cette année. Soit 2 milliards d’euros de pertes en termes de versement mobilité et 2 autres milliards du fait de la baisse des recettes tarifaires. Le versement mobilité est une taxe sur la masse salariale des entreprises de plus de 11 employés. Avant la crise, ce versement représentait le tiers des ressources allouées aux transports publics en Île-de-France et près de la moitié en province.

La situation est d’autant plus problématique que, dans le même temps, les autorités organisatrices de la mobilité (AOM) ont dû acquérir des matériels de nettoyage du matériel roulant et des stations, des masques, une signalétique pour faire respecter la distanciation physique. Et les recettes tarifaires risquent, elles, de faire défaut encore un petit moment, Louis Nègre, président du Gart explique dans sa lettre que « les conditions du déconfinement laissent penser que si l’offre de mobilité va rapidement retrouver son niveau d’avant la crise, la fréquentation mettra, quant à elle, de très nombreux mois avant de retrouver son niveau antérieur. »

Gare au mois d’août

Sans aide, pas de reprise économique du secteur. Pour l’heure, les AOM assument leurs obligations contractuelles. Mais certaines devraient diminuer, voire cesser, de verser leur contribution forfaitaire aux opérateurs de mobilité dans les prochains mois, prévient le Gart. «Cela pourrait entraîner des baisses, voire des interruptions de services dans les transports du quotidien si importants pour les Français». Fin août, le syndicat Ile-de-France Mobilités ne sera plus en mesure de s’acquitter de cette contribution auprès de la RATP et de la SNCF.

L’Etat a mobilisé 7 milliards d’euros de prêt garanti pour sauver Air France et un plan de relance a été dévoilé, ce mardi 26 mai, pour l’industrie automobile. En ce qui concerne les transports publics, les élus n’ont obtenu aucun soutien des pouvoirs publics  Une absence qu’ils peinent à expliquer.