Les transports en commun coûtent deux fois moins cher que la voiture

Le 13 janvier 2014 par Stéphanie Senet
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les Français sous-estiment le coût de la voiture et sur-estiment celui du TGV
les Français sous-estiment le coût de la voiture et sur-estiment celui du TGV

Sur les petites distances (inférieures à 80 kilomètres), les transports en commun coûtent environ 2,5 fois moins cher que la voiture. Telle est la conclusion de l’étude des coûts des transports en France, réactualisée le 10 janvier par la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut) (1).

12 centimes d’euro par voyageur et par kilomètre. Tel est le coût moyen d’un transport en commun en France selon les statistiques 2012. Les Parisiens déboursent en réalité un centime supplémentaire, tandis que les Provinciaux payent un centime de moins.

Pour la voiture, en revanche, la facture est plus salée: 27 centimes pour ces trajets de proximité, qui sont les plus importants dans l’Hexagone (77% des trajets réalisés, toutes distances confondues).

 

Avantage aussi sur les longs trajets

Sur les longs trajets (plus de 80 km), les transports en commun sont également plus compétitifs. Leur coût s’élève en effet à 10 c€/km contre 19 c€/km pour la voiture. Pour évaluer le coût de l’automobile, l’étude a pris en compte trois postes principaux de dépenses. A commencer par le coût dit «apparent», bien connu des conducteurs, qui regroupe les frais de carburant, de stationnement et de péage. «Mais celui-ci ne représente qu’un tiers du coût complet de l’automobile. Il faut encore y ajouter les frais d’entretien, d’assurance, de réparation et d’équipement (deuxième tiers du coût complet) et les frais d’amortissement d’achat du véhicule (troisième tiers)», précise Jean Sivardière, président de la Fnaut.

En règle générale, l’automobiliste sous-estime donc la facture de sa voiture de 200%, se contentant d’envisager le coût réel, en oubliant les frais liés à l’achat et à l’entretien.

Pour être tout à fait complet, ce coût devrait aussi prendre en compte les factures prises en charge par la collectivité, et en particulier le coût sanitaire de la pollution atmosphérique liée au trafic routier (plus de 7 Md€ par an), ainsi que les dommages liés aux embouteillages ou à l’usure des routes.

 

Rééquilibrage des coûts de la voiture

La Fnaut plaide donc pour une hausse du coût apparent de la voiture, qui seule peut encourager l’automobiliste à changer de mode de transport. «Un seul centime d’euro supplémentaire par litre de carburant permettrait de dégager 400 M€ par an pour financer des projets de transport en commun», rappelle son président. Autres idées: instaurer des péages urbains et réduire le prix des transports en commun. Le gouvernement a pourtant pris la route inverse en refusant d’augmenter la fiscalité sur le gazole et en augmentant la TVA sur les transports en commun à 10% dans la loi de finances 2014.

 

Le covoiturage plus cher que les transports en commun

L’économiste Jean-Marie Beauvais (Beauvais Consultants), qui a réalisé l’étude (2), a également détaillé le coût des longs trajets selon les transports en commun choisis. Il atteint ainsi 11 c€/km pour le TGV, 9 c€/km pour les trains Intercités, et 7 c€/km pour l’autocar.

Sur longue distance, la voiture se facture donc 19 c€/km contre 12 c€/km pour l’avion. Le covoiturage, pas si bon marché, se facture 17,3 c€/km/voyageur pour un groupe de deux covoitureurs. C’est logiquement moins que le coût d’une voiture, mais plus cher que les transports en commun, y compris le TGV. Contrairement aux idées reçues.

L’usage des transports n’est donc pas fonction de leur coût. Au regard des parts de marché, celles-ci s’élèvent –sur longue distance- à 57% pour la voiture, 20% pour le TGV, 8% pour l’autocar, 8% pour l’avion classique, 4% pour l’avion à bas coût et 3% pour les trains Intercités.

Enfin, le coût de la voiture augmente plus vite que le coût des transports en commun. En 40 ans, l’automobile a vu sa facture d’usage bondir de 34% (à cause des frais croissants de réparation) tandis que les transports collectifs ont augmenté de seulement 12% en monnaie constante.

(1)La précédente étude remontait à mars 2012

(2)Cette étude a été financée par le Groupement des autorités responsables des transports (Gart), l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP), la SNCF et les autocaristes (Eurolines, Réunir et iDBus)



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