Les toitures sont plus vertes ailleurs

Le 18 janvier 2008 par Victor Roux-Goeken
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Toit vert
Toit vert

Soutenu en Allemagne, en Suisse et dans les pays nordiques depuis quelques années, le secteur des toitures vertes peine à décoller côté français. Ses promoteurs, qui mettent notamment en avant l’amélioration de l’isolation thermique et de la qualité de l’air, comptent verdir un million de mètres carrés de toitures françaises, soit 4% de la surface totale, d’ici 2010.

L’Association pour le développement et l’innovation de la végétalisation extensive des toitures (Adivet), a été fondée en 2002. L’un de ses fondateurs, Pierre Georgel, est par ailleurs PDG d’Ecovégétal, entreprise spécialisée dans les dalles végétalisées. Il ne s’en cache pas, «en matière de lobbying des toitures végétalisées, les collectivités écoutent plus facilement une association qu’une société.»

Le but des partisans de la toiture verte? Recouvrir 4% des toitures du pays – soit 1 million de mètres carrés – de verdure d’ici 2010. Actuellement, 300.000 mètres carrés sont recouverts. Les commandes viennent à 75% de la construction publique, dans le cadre de projets de haute qualité environnementale (HQE) neufs. «Le potentiel du marché est de 15% de la surface totale», estime Pierre Georgel.

Deux techniques existent: l’intensif et l’extensif. Le premier est plus «épais» que le second, mais la technique reste la même sur le fond: un toit existant ou neuf, un isolant thermique, une couche étanche et un substrat fait de minéraux sur lequel poussent les végétaux. Selon la technique, la masse de la toiture varie de plus de 30 kilogrammes par mètre carré (kg/m2) à 400 kg/m2. «La surcharge est bien supportée», assure Pierre Georgel.

Seulement, l’installation d’une toiture verte n’est pas sans contraintes. Elle «n’a pas vocation à être un green de golf», et le verdissement peut se faire attendre un certain temps. Pour un taux de verdissement de 80%, il faut compter de un à trois ans selon le choix de végétalisation. Il faut aussi «jardiner» l’ensemble une à quatre fois par an, voire arroser en cas de sécheresse. En outre, comme pour tout bâtiment, la loi Spinetta de 1978 impose que tout constructeur donne une garantie de 10 ans. «En cas de fuite pendant cette période, elle sera à la charge de l’étancheur.»

En Allemagne, 10 à 15% des toits sont verts, selon Pierre Georgel. Dans l’éco-quartier Vauban de Fribourg, qui fait rêver bon nombre d’urbanistes français, «40% des logements ont des toitures végétalisées. L’eau de pluie filtrée par la toiture est réutilisée pour les toilettes, la vaisselle ou le linge.» Soit une économie en eau potable importante.

Autres avantages: ces toitures favorisent l’absorption et l’évaporation d’eau, mises en déroute par l’imperméabilisation des villes, source d’inondations en zones très urbanisées. Les parkings et les toitures imperméabilisées restituent 4 à 20 fois plus d’eau qu’une toiture végétalisée.

Enfin, l’isolation thermique, la qualité de l’air et le rafraîchissement des villes semblent profiter du verdissement des toitures. Toutefois, aucune étude française ne quantifie ces bénéfices.


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