Les toits végétalisés en plein essor

Le 12 avril 2005 par Ludivine Hamy
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

Largement développée dans la plupart des pays d’Europe, émergente en Amérique du Nord et au Japon, la toiture végétalisée est encore méconnue en France. La Mairie de Paris déclare aujourd’hui vouloir en favoriser l’essor.

La toiture végétalisée est un système de couverture étanche et drainant, composé de matière organique et volcanique, sur lequel poussent des plantes à faibles racines (sédum, vivaces, graminées…). Ce type de toiture, qui peut être installé sur une structure en béton, en acier ou en bois, présente de nombreux avantages, parmi lesquels la rétention d'eau. En effet, à l'image d'une éponge, la toiture végétalisée accumule l'eau de pluie et l'évacue par les canalisations avec un retard favorisant le bon écoulement, ou l'utilise pour la croissance des plantes. Cette toiture peut même, lors d'orages violents après une période de sécheresse, réduire l'engorgement des réseaux d'assainissement ou encore limiter les inondations. Des expérimentations conduites au Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) confirment que ce type de toiture peut retenir près de 70% des précipitations sous certaines conditions. En outre, avec le réchauffement climatique et la multiplication des épisodes caniculaires, la toiture végétalisée peut participer à l'optimisation des performances thermiques des bâtiments et à l'amélioration hygrothermique des villes par la création de microclimats. Elle peut également permettre de diminuer la pollution atmosphérique, en absorbant certains polluants urbains.

Pour un projet de construction, deux solutions techniques sont disponibles. D'une part, la végétalisation intensive qui requiert une épaisseur de terre supérieure à 20 centimètres. Dans ce cas, la réserve d'eau constituée augmente le poids de l'ensemble et nécessite une structure renforcée du bâtiment, les végétaux faisant, quant à eux, l'objet d'un soin adapté ( arrosage en période de sécheresse, tonte, taille, récolte). Autre solution: la végétalisation extensive, procédé plus facile à mettre en oeuvre car les plantes n'utilisent que peu de terre (6 à 20 centimètres d'épaisseur) et sont peu exigeantes en eau et en soins. C'est le choix que font la plupart.

En Allemagne, où le marché est estimé à 13 millions de mètres carrés par an, plus de 40% des villes proposent des incitations financières pour le développement de ces toitures. A Berlin, par exemple, la ville prend à sa charge 60% des dépenses liées aux toitures végétalisées et à l'installation de traitement de l'eau de pluie. De son côté, le Canada mise sur la réduction des gaz à effet de serre et des «îlots de chaleur» les jours de canicule. Une étude d'Environnement Canada estime que la végétalisation de 6% de toute la surface de toits disponibles pourrait faire baisser la température de Toronto de 1 à 2°C.La Suisse quant à elle, a mis en place une politique d'information et de sensibilisation à destination des architectes, des professionnels de la construction et des services en charge de la délivrance des permis de construire. La ville de Baden en Suisse va jusqu'à prélever une taxe de 40 francs suisses par mètre carré de surface bâtie pour les bâtiments sans végétalisation de toit et sans infiltration de l'eau pluviale.

En France, c'est la chambre syndicale française de l'étanchéité qui s'occupe de la promotion de ces toits. «Par rapport à l'Allemagne, la France est en retard, avec seulement 1% des toitures étanchées végétalisées», explique Christian Paillard, directeur général de la chambre syndicale. Le potentiel est donc considérable si l'on prend en compte tous les toits des grandes surfaces, des écoles, des hôpitaux… Pour le moment, il n'existe aucune harmonisation des prix au niveau national mais un groupe de travail planche sur l'analyse du coût de ces techniques. La Chambre syndicale, qui va lancer une campagne de communication auprès des architectes, bureaux d'études et élus locaux, vient d'adhérer à l'association HQE. Un pas de plus vers le verdissement de nos cités.

Contact : Christian Paillard, DG Chambre syndicale française de l'étanchéité – 614, rue La Pérouse, 75016 Paris – www.etancheite.com

 




A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus