Les tempêtes du Nord ne vaudront pas celles du Sud

Le 26 octobre 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les tempêtes extratropicales du Sud pourraient être plus fréquentes et plus puissantes qu'au Nord.
Les tempêtes extratropicales du Sud pourraient être plus fréquentes et plus puissantes qu'au Nord.

Le réchauffement climatique devrait accroître le nombre et la puissance des ouragans extratropicaux. Mais pas de la même façon, selon que l’on se trouvera au nord ou au sud de l’équateur.

 

Au sein de la communauté des climatologues, l’une des conséquences les plus discutées du « réchauffement » est l’évolution des événements climatiques extrêmes. En clair, sous l’effet du renforcement de l’effet de serre, doit-on s’attendre à une augmentation du nombre de tempêtes, dont la puissance serait, elle aussi, plus importante ?

 

A cette difficile question, le dernier rapport d’évaluation du Giec [1] répond avec des pincettes : « Sur la base de plusieurs modèles, il est probable que les cyclones tropicaux (typhons et ouragans) deviendront plus intenses, avec une accélération des vitesses de pointe des vents et un accroissement des précipitations du fait de l’augmentation de la température à la surface des mers tropicales. C’est avec un degré de confiance moindre qu’on anticipe une diminution du nombre de cyclones tropicaux sur l’ensemble de la planète. L ’augmentation manifeste du nombre de tempêtes très intenses depuis 1970 dans certaines régions est beaucoup plus marquée que ne le prévoient les simulations fondées sur les modèles actuels pour cette période. Selon les projections, la trajectoire des tempêtes extratropicales devrait se déplacer vers les pôles, ce qui modifiera le régime des vents, des précipitations et des températures, dans la continuité des tendances générales observées ces cinquante dernières années. »

 

Le risque existe donc. Mais ni les climatologues ni les météorologues n’ont encore la certitude absolue que l’augmentation observée, ces dernières années, de typhons et d’ouragans dévastateurs est la conséquence indirecte de nos émissions croissantes de gaz à effet de serre (GES).

 

Là où les choses se compliquent encore, c’est que l’atmosphère des deux hémisphères réagit différemment aux évolutions du climat. Dans une étude publiée lundi 25 octobre dans les Annales de l’académie des sciences américaine ( PNAS), Paul O’Gorman montre, en effet, que le réchauffement de la planète va modifier l’alimentation énergétique des tempêtes dans les régions extratropicales, comprises entre 30 et 60° de latitude de part et d'autre de l'équateur.

 

Après avoir étudié les relations entre l’intensité des tempêtes et la quantité d’énergie disponible pour générer les courants aériens alimentant les tempêtes des latitudes moyennes, le chercheur du département des sciences atmosphériques et planétaires du Massachussetts Institute of Technology estime que les cyclones extratropicaux qui se formeront dans l’hémisphère Sud seront, en général, plus puissants que ceux du Nord.

 

Au Sud, les conditions propices à la formation de super tempêtes resteront relativement stables durant l’année. Dans nos « contrées » (la latitude de Paris est de 48°52'), les choses devraient se passer différemment. Tout dépendra de la saison. En hiver, estime le scientifique, les tempêtes seront puissantes. En été en revanche, le moral d’Eole serait à labaisse. Ce qui devrait, par ailleurs, accroître les épisodes de pollution atmosphérique, les vents puissants étant le meilleur dispersant de particules fines et autres précurseurs d’ozone troposphérique.

 

Cette différence, Paul O’Gorman l’explique par le fait que la puissance des événements climatiques extrêmes est conditionnée par « l’altitude » où le réchauffement de l’atmosphère est le plus important. Si le réchauffement est plus important dans les basses couches de l’atmosphère, cela favorisera la formation de puissants cyclones. Et vice-versa. Or durant l’été boréal, le réchauffement le plus important se produit à haute altitude, ce qui stabilise l’atmosphère et réduit les risques de formation de typhons.

 

Prudent, Paul O’Gorman ne dit pas toutefois quelle sera la baisse d’intensité des événements du Nord, durant l’été. Car leur puissance dépend aussi des interactions entre l’atmosphère et les océans. Et dans notre hémisphère, l’évolution de ces interactions est aussi tributaire de la vitesse à laquelle disparaîtront les glaces de l’océan Arctique. Un débat qui, lui non plus, n’est pas encore tranché.



[1] Giec : Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat

 



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