Les technologies: le carburant de la programmation pluriannuelle de l’énergie

Le 29 octobre 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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En attendant les turbines marines de 12 MW.
En attendant les turbines marines de 12 MW.
Vattenfall/Ben Barden

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Comme nombre de médias français, le JDLE s’est procuré le fameux «document de travail» sur la préparation de la PPE que le gouvernement a fait fuiter la semaine passée. Rédigée à l’attention des participants à la rencontre entre le président de la République et «les acteurs de l’énergie» du 24 octobre, elle n’est en rien une synthèse de la PPE que le gouvernement doit, en principe, dévoiler mi-novembre.

la part léonine du nucléaire
En une demi-douzaine de feuillets, cette note énumère les technologies dont auront besoin dans les prochaines années énergéticiens, constructeurs automobiles, industriels, pour suivre les prescriptions données par la PPE.
Paradoxe, alors que l’électricité française est pratiquement déjà décarbonée, c’est ce secteur qui devrait truster les crédits de recherche. Pour qu’EDF et ses concurrents continuent à distribuer des électrons bas ou zéro carbone, il faudra massivement investir dans le développement de nouvelles générations de réacteurs nucléaires.

mini nukes
La note évoque bien sûr l’EPR allégé tant vanté par EDF, et l’Atméa, un mini EPR, dont 4 exemplaires ont été vendus par Engie à la Turquie. A plus lointaine échéance, il faudra aussi investir dans les réacteurs de 4e génération et dans les petits réacteurs modulaires, sur le modèle du NP-300 (pour 300 mégawatts électriques -MWe) développé par Technicatome, filiale du CEA.
Les renouvelables électriques n’ont pas été oubliées. Pour le photovoltaïque, l’Etat se focalise sur des centrales à terre couplées à des systèmes de stockage, dont le coût de production se situerait autour de 60 euros le mégawattheure (MWh). A terre, la priorité en matière d’éolien est de faciliter le repowering  des machines en service. En mer, on mise sur l’arrivée, vers 2023, de turbines de 12 MW. De quoi faire hésiter les porteurs de projets actuels. Les producteurs de biogaz devront réduire leurs coûts: 80 €/MWh vers 2025 et 60 €/MWh en 2030.

hydrogène et stockage du carbone
L’hydrogène est tendance, depuis quelques mois. Aussi la note suggère-t-elle de poursuivre les programmes en cours, tel le projet GHRHYD, et de déployer des systèmes de production industrielle de ce vecteur énergétique tout terrain, par électrolyse ou vaporeformage. Un impératif: qu’en 2030, l’hydrogène soit au même prix que le gaz naturel frappé d’une taxe carbone.
Après le flop du projet de Florange en 2011, le captage-stockage géologique de CO2 (CSC) fait un retour en grâce. L’Elysée verrait bien les producteurs d’hydrogène, de ciment, de verre et d’acier en doter leurs installations pour en réduire l’impact climatique. Reste à trouver l’exutoire final.

isolation et construction bois
Contrairement à ce qu’indiquaient dans la presse généraliste certains ‘experts’ écologistes, le bâtiment n’a pas été oublié. A lui de sécuriser ses approvisionnements en systèmes de climatisation sans HFC d’ici à 2021. Les industriels devront aussi améliorer les performances énergétiques et économiques des matériaux isolants et rendre plus accessibles la construction bois.
Les équipementiers vont être sollicités.

D’une part, pour développer toutes sortes de systèmes de pilotage de la consommation d’électricité domestique, mais aussi de dialogue entre les réseaux de distribution d’électricité et les batteries des voitures électriques. A propos de réseau, la note souligne l’importance de «mieux définir le seuil d’intégration des énergies renouvelables intermittentes à partir duquel il est nécessaire d’intégrer massivement des flexibilités, dont le stockage». L’Europe doit, en effet, décider l’an prochain de la possible construction d’une méga-usine de batteries lithium-ion avec des industriels européens. Des batteries dont il faudra, insiste le document, esquisser la fin de vie.

massification du véhicule électrique
La fin de vie des voitures à moteur thermique se précise aussi. Le gouvernement prévoit que les constructeurs électrifient à 100% leurs gammes vers 2025. En conséquence, la priorité est de préparer la massification de l’hybride rechargeable et de l’électrique pur. D’autres solutions devront être mises en œuvre pour les autres mobilités: du gaz pour les camions et les bateaux, de l’hydrogène pour les trains et certains camions. Et sans doute de carburants d’origine végétale pour les avions commerciaux.



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