Les taxes sodas ont bien un effet dissuasif

Le 02 avril 2014 par Romain Loury
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Et plus l'on taxe lourdement, plus c'est efficace.
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Mettre en place une taxe sodas permet de diminuer l’achat des boissons à sucres ajoutés, du moins lorsque son montant est important, confirme une étude néerlandaise.

Sous couvert de lutte contre l’obésité, plusieurs pays ont mis en place une taxe sodas: celle établie en France en 2012 s’élève, pour 2014, à 7,45 euros par hectolitre. Pour l’instant, son intérêt semble plus fiscal que sanitaire: elle équivaut à 2 centimes d’euro de plus par canette, loin des 10% auxquels on estime qu’une telle taxe aurait un effet sur la consommation.

Or une taxe dissuasive pourrait réellement être efficace, comme le démontre une étude publiée dans la revue Appetite par l’équipe d’Ingrid Steenhuis, de l’université d’Amsterdam. Son originalité: elle est la première à étudier le sujet de manière contrôlée, c’est-à-dire en comparant des paniers de courses, avec ou sans taxe. Pour cela, les chercheurs ont créé sur ordinateur un supermarché virtuel, proposant tous les produits du quotidien.

Actionnant non pas un chariot mais une souris, les 95 participants, répartis en deux groupes, déambulaient dans les rayons du supermarché, dans le seul but de faire leurs courses pour une semaine. Pour le premier groupe, toutes les boissons à sucres ajoutés (sodas, jus de fruits, boissons énergisantes, boissons lactées sucrées) étaient soumises à une TVA de 19%, comme les alcools et le tabac; pour le second groupe, elle demeurait à 6%, comme c’est le cas aux Pays-Bas pour les produits de consommation courante.

0,9 litre de boissons sucrées en moins

Au final, les personnes confrontées à la taxe sodas achetaient en moyenne 0,9 litre en moins de boissons à sucres ajoutés. Le foyer néerlandais moyen comprenant 2,2 personnes, cela équivaut à 400 mL de moins par semaine, soit une baisse de 168 kilocalories. «Bien que cette réduction soit modeste, les effets sur le long terme pourraient être importants, particulièrement lorsque l’on raisonne au niveau d’une population», commentent les chercheurs.

Selon eux, la taxe n’avait pas d’effet collatéral sur d’autres achats: les participants ne compensaient pas par d’autres boissons, notamment les alcoolisées, ni par d’autres produits peu sains, tels les snacks, les chips ou les confiseries. Seule exception, une légère hausse des achats de thé et de café, mais sans significativité statistique.

Mais s’il est un élément important que les chercheurs n’ont pas testé, c’est le facteur psychologique de la taxe. Dans leur étude, ils se contentent d’évaluer l’effet d’une hausse des prix sur les habitudes du consommateur, sans que celui-ci soit averti de l’existence d’une taxe. Or toute taxe présente en elle-même un effet dissuasif qui, selon les chercheurs, pourrait être plus durable qu’une hausse des prix non annoncée.



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