Les tatouages, source de nanoparticules

Le 12 septembre 2017 par Romain Loury
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Les ganglions victimes du bon goût
Les ganglions victimes du bon goût

Les produits de tatouage ne demeurent pas qu’au site d’injection: dans une étude publiée dans Scientific Reports, une équipe franco-allemande révèle la migration de plusieurs d’entre eux, sous forme nanométrique, vers les ganglions lymphatiques.

Malgré l’engouement persistant pour les tatouages, on en sait bien peu sur le devenir de ces produits une fois qu’ils sont introduits sous la peau. Les rares études menées à ce jour portent sur la caractérisation chimique des agents colorants et de leurs produits de dégradation in vitro.

Menée par Ines Schreiver, de l’Institut fédéral allemand de l’évaluation des risques (BfR), et ses collègues -dont plusieurs du synchrotron de Grenoble-, une étude révèle pour la première fois que ces produits migrent de la peau vers les ganglions lymphatiques les plus proches. Pour cela, les chercheurs ont analysé des prélèvements de fragments de peau tatouée et de ganglion chez des personnes décédées.

Les ganglions défendent l’organisme contre les agents extérieurs. C’est eux qui reconnaissent les antigènes de corps étrangers (virus, bactéries, etc.), qui leur sont amenés du site d’entrée dans l’organisme via les vaisseaux lymphatiques. En réponse à cette agression, ils fabriquent des lymphocytes, cellules chargées de produire des anticorps dirigés contre l’agent agresseur. Les lymphomes sont les cancers affectant les ganglions lymphatiques.

Du nanoTiO2

Parmi les substances injectées, plusieurs colorants organiques se retrouvent aussi bien dans la peau que dans le ganglion. Idem pour le dioxyde de titane (TiO2), présent dans les colorants blancs: de format micrométrique dans la peau, on le trouve sous forme nanométrique dans le ganglion.

Les chercheurs mettent également en évidence plusieurs métaux lourds présents dans les colorants, tels que le fer, l’aluminium, le cuivre, le chrome, le nickel, le cadmium et le mercure, dont plusieurs ont été liés à un risque cancéreux. Là aussi, la forme est micrométrique dans la peau, nanométrique dans le ganglion.

Conséquences sanitaires méconnues

Cette migration vers les ganglions constitue «une réponse de l’organisme afin de nettoyer le site d’injection des produits. Ce que nous ignorions, c’est que ces produits passaient dans les ganglions sous forme nanométrique, ce qui implique qu’ils pourraient ne pas se comporter de la même manière que des particules micrométriques. Et c’est là tout le problème: nous ne savons pas comment ces nanoparticules réagissent», explique Bernhard Hesse, co-auteur de l’étude.

Après cette première étude sur les ganglions les plus proches du tatouage, les chercheurs comptent désormais étudier si les produits s’accumulent ailleurs dans l’organisme, que ce soit dans des ganglions plus lointains ou dans d’autres organes.



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