Les super-profits climatiques de l’aviation civile

Le 22 janvier 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Grâce à Bruxelles, les compagnies aériennes pourraient réaliser 1,3 milliard de profits, sans rien faire.
Grâce à Bruxelles, les compagnies aériennes pourraient réaliser 1,3 milliard de profits, sans rien faire.

Après avoir hurlé au loup des années durant, les compagnies européennes productrices d’électricité n’ont eu qu’à se féliciter du système européen d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre (ETS). Car, en recevant gratuitement des permis d’émission qu’elles faisaient payer à leurs clients en augmentant les prix de l’électricité, elles ont réalisé des milliards d’euros de profit, sans effort.

Le même bonheur carbonique semble promis aux compagnies aériennes, affirme une étude commanditée par Transport & Environment. En 2008, la refonte de la directive ETS a obligé les compagnies aériennes opérant dans l’Union européenne à participer au marché du carbone de l’UE, à partir de 2012.

Toutefois, sous la pression internationale —et avec la perspective de parvenir à un accord mondial avec l’organisation internationale de l’aviation civile— Bruxelles a suspendu pour un an la participation à l'ETS des transporteurs aériens assurant des liaisons intercontinentales, en novembre dernier [JDLE].

Nombre de ces transporteurs ont anticipé leur participation au marché du carbone européen en augmentant de quelques euros le prix de leurs billets. Dans bien des cas, estime le rapport, cette hausse de prix couvre non seulement le prix d’acquisition des 15% de quotas payants, mais aussi les 85% de quotas délivrés... gratuitement.

En résumé, les transporteurs ont augmenté le montant de leurs prestations, sans devoir acheter le moindre permis d’émission (le système était structurellement court), d’où des bénéfices inattendus. Pour l’année 2012, affirment les auteurs de l’étude, ces gains d'aubaine pourraient atteindre 1,3 milliard d’euros, dont 758 M€ pour les compagnies européennes, 175 M€ pour les transporteurs américains (qui selon une loi US n’ont pas le droit de participer à l’ETS), et 48,6 M€ pour les compagnies chinoises.

Parmi les entreprises communautaires, Lufthansa et Air France se tailleraient la part du lion: respectivement 80 et 77 M€.

La Commission européenne, très embarrassée par cette attitude "scandaleuse", a admis mardi 22 janvier, ne pas avoir compétence pour intervenir dans une pratique commerciale entre les compagnies et leurs clients. Elle ne l'avait pas fait non plus pour les électriciens, lors de la première phase d'engagement de l'ETS.



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