Les Suisses mettent à prix la tête du tueur de loup

Le 10 janvier 2014 par Marine Jobert
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Une échographie d'un loup.
Une échographie d'un loup.
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Wanted. Une association suisse vient d’offrir une récompense de 10.000 francs suisses[1] (8.000 euros) pour toute information pouvant conduire à l’identification de celui qui a tiré sur un jeune loup près de Tanins, dans le massif des Grisons. Ce jeune quadrupède, qui vivait dans le massif du Calanda au sein d’une meute de 10 animaux, serait mort des suites d'une blessure par balle et décédé après une longue agonie. Ce braconnage a également fait réagir les autorités cantonales: une plainte contre X a été déposée auprès du ministère public. «Le braconnier ne s’en sortira pas avec une amende: même une peine privative de liberté est envisageable», prévient Mario Cavigelli, le ministre des infrastructures et des forêts. «Cet abattage nous surprend totalement» a-t-il ajouté, tout en reconnaissant que si la population grisonne pouvait exprimer quelques craintes face à la présence de cette meute, la situation était «sous contrôle». «Cet acte est d'autant plus regrettable et surprenant que la présence de la meute de loups dans le massif du Calanda n'a guère entraîné de conflit, écrit le Groupe Loup Suisse, à l’origine de la récompense. Le fait que la meute s'approche parfois d'habitations n'en constitue en tout cas pas un et ne relève pas d'un comportement problématique de ces animaux.»

 

Disparu de Suisse depuis la fin du XVIIe siècle, le loup y a fait son retour officiel en 1995, par les Alpes. La Confédération compte aujourd’hui une vingtaine de canidés, protégés à la fois par une loi fédérale sur la chasse de 1988 et par la Convention de Berne de 1982. La cohabitation est-elle harmonieuse entre le prédateur et la population suisse? Dans un sondage publié par le WWF Suisse, on apprend que les trois quarts de la population seraient favorables à la présence des grands prédateurs que sont le lynx, l’ours et le loup. De tous les cantons, seul le Valais est officiellement entré en résistance: il ne dispose d’aucun plan Loup cantonal, alors que quelques spécimens y ont pris leurs quartiers et que les élevages de petite taille y sont nombreux.

 

Dans les Grisons, la cohabitation est-elle de mise? «Ce qui a surpris les gens avec ce cas de braconnage, c’est qu’on a toujours affirmé que ça se passait bien. Alors qu’au niveau local, les gens ont des soucis», explique un bon connaisseur du dossier suisse. Et de tracer un parallèle avec la situation qui prévalait en 2009 au Petit-Bornand-les-Glières (Haute-Savoie). «Des cerfs et des chamois étaient dévorés à proximité des jardins, et personne n’est venu expliquer aux gens ce qui se passait. Un soir, il y a eu un tir, le chasseur a été arrêté sur dénonciation et une grosse polémique s’en est suivie.» Le tireur avait été condamné par le tribunal correctionnel de Bonneville à trois ans de confiscation du permis de chasser et 5.000 euros d’amende. «En Suisse, le canton des Grisons sert un peu de vitrine, pour montrer que ça se passe bien. Mais la réalité n’est pas aussi lisse que les Suisses aiment à le montrer», conclut ce connaisseur.

 

 



[1] 5.000 francs provenant de l'organisation elle-même et 5.000 francs réunis en 24 heures sous forme de dons de particuliers.

 



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