Les suies nous font broyer du noir

Le 16 janvier 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Contrairement au CO2, réduire les émissions de suies est à notre portée, estime le Pnue.
Contrairement au CO2, réduire les émissions de suies est à notre portée, estime le Pnue.

C’est pire que ce que l’on croyait. Dans un article publié mardi 15 janvier dans le Journal of Geophysical Research-Atmospheres, des scientifiques affirment que le rôle des suies dans le réchauffement climatique serait deux fois plus important que ce qu’annonce le 4e rapport d’évaluation du Giec[1], publié en 2007.

Rédigé par une équipe internationale de 31 chercheurs, le très volumineux article (plus de 200 pages!) estime que leur impact climatique est supérieur à celui du méthane et représente les deux tiers de celui du gaz carbonique. Dit autrement, les suies sont propulsées au second rang des perturbateurs anthropiques du climat, derrière le CO2. Dans son dernier rapport, le Giec le plaçait au troisième rang derrière le méthane.

Malgré la faiblesse des volumes rejetés dans l’atmosphère (moins de 8 millions de tonnes par an), les auteurs évaluent le forçage radiatif des suies de combustion à plus de 1,1 watt par mètre carré, contre 0,48 Wm2 pour le méthane et 1,66 Wm2 pour le dioxyde de carbone. Ces résultats confirment l’estimation faite, l’an passé, par Veerabhadran Ramanathan, climatologue à la Scripps Institution of Oceanography de La Jolla, en Californie.

Majoritairement émis lors de la combustion de la biomasse, du charbon et du gazole, ces aérosols ont ceci de particulier qu’ils restent quelques jours à peine dans l’atmosphère, contrairement au gaz naturel (12 ans) ou au CO2 (un siècle).

Leur effet sur le climat est pluriel: ils captent une partie de l’énergie solaire, favorisent la formation de certains nuages (ce qui peut avoir un effet rafraîchissant) et réduisent l’albédo des glaces polaires, ce qui favorise l’accélération de leur fonte. Présentes dans toutes les couches de l’atmosphère, les suies modifient la circulation des courants aériens, ce qui perturbe grandement les moussons asiatiques.

A basse altitude, ces suies de combustion sont à l’origine de troubles du système respiratoire, à l’origine de la mort prématurée de 2 à 3 millions de personnes par an.

Sous l’égide des Etats-Unis, le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) a créé, l’an dernier, la Coalition pour le climat et l'air pur visant à réduire les polluants de courte durée de vie. Ce regroupement d’une vingtaine de pays diffuse de bonnes pratiques pour réduire les émissions de suies, d'ozone troposphérique ou certains hydrofluorocarbures (HFC).



[1] Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat

 



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