Les sucres ajoutés, fléau de société comme le tabac et l’alcool

Le 08 février 2012 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

Il est temps de s’attaquer au problème des sucres ajoutés, et ce de la même manière qu’on l’a fait pour le tabac et l’alcool, estiment des chercheurs californiens dans une tribune publiée par la revue Nature.

Trente-cinq millions de morts par an: les maladies non transmissibles (cancer, maladies cardiovasculaires, diabète, etc.) présentent désormais un bilan plus lourd que les maladies infectieuses, dont le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme, rappellent d’emblée Robert Lustig, du Center for Obesity Assessment (San Francisco), et ses collègues.

Parmi les coupables, le tabac, l’alcool et le sucre… ou plutôt les sucres ajoutés, qu’ils le soient sous forme de saccharose ou de sirop de maïs à haute teneur en fructose (également appelé sirop de glucose-fructose, ou isoglucose). Leur effet sur la santé va bien au-delà de leur teneur calorique: le fructose présente une toxicité à plusieurs niveaux, favorisant notamment l’hypertension, les problèmes hépatiques et le diabète.

Mais si l’alcool et le tabac sont fortement encadrés, la consommation mondiale de sucre a triplé en 50 ans, sans que des mesures aussi efficaces aient été mises en œuvre. Les auteurs de la tribune proposent d’agir de la même manière qu’avec ces deux premiers produits, à savoir par une taxation, un contrôle de la distribution et des limites d’âge.

Dans plusieurs Etats américains, une taxe sur les boissons à sucres ajoutés est déjà en vigueur [1]. Les auteurs proposent de frapper plus fort, en en promulguant une sur tout produit contenant des sucres ajoutés.

Autres voies d’action: «Réduire les horaires d’ouverture des vendeurs, contrôler la localisation et la densité des magasins, poser des limites quant aux personnes pouvant légalement acheter ces produits». Les chercheurs proposent ainsi de limiter la vente dans les établissements scolaires, voire de l’interdire en dessous d’un certain âge, «par exemple 17 ans».

Selon eux, le problème des maladies non transmissibles ne découle pas directement de l’obésité, qui constitue plutôt un signe de problèmes métaboliques liés à la surconsommation de sucres [1]. «Vingt pourcents des obèses présentent un métabolisme normal et auront une durée de vie normale; à l’inverse, près de 40% des personnes de poids normal vont développer des maladies liées au syndrome métabolique», dont le cancer et le diabète.

[1] En France, une taxe est en vigueur depuis le 1er janvier sur les boissons à sucres ajoutés. Selon le cabinet SymphonyIRI, le prix des sodas aurait augmenté de 4% depuis le début de l’année.


[2] Selon une récente étude, l’épidémie américaine d’obésité pourrait avoir atteint un plateau au cours des années 2000, aussi bien chez les adultes que chez les enfants (voir le JDLE).
 



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus