Les stocks de bar menacent de s’effondrer

Le 18 mars 2015 par Stéphanie Senet
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Les ligneurs bretons alertent sur le déficit de juvéniles
Les ligneurs bretons alertent sur le déficit de juvéniles

Les ligneurs Bretons s‘inquiètent et le font savoir. «Nous craignons un effondrement brutal du stock de bar», affirment-ils dans un communiqué.

 

L’interdiction du chalut pélagique sur cette espèce jusqu’en avril, prononcée le 19 janvier par la Commission européenne, ne semble pas porter ses fruits. L’association des ligneurs de la pointe de Bretagne montre que les captures de bar restent similaires aux niveaux observés l’an passé, au regard des ventes à la criée réalisées dans 8 grands ports français[1].

Les juvéniles manquent à l’appel

Les chalutiers de fond, flottilles, fileyeurs, et senneurs feraient-ils la sourde oreille? C’est ce que pensent les ligneurs, qui soulignent un paradoxe: le déficit démographique de l’espèce touche surtout les juvéniles, qui ne sont pas encore visibles dans la pêcherie. «La reproduction des bars a été quasi nulle en 2010 et minime (environ 10%) au cours des années suivantes. Ce sont les poissons que nous aurions dû pêcher dans les 5 prochaines années et qui vont manquer à l’appel», affirme Gwen Pennarun, président des ligneurs. Soit exactement le même scénario qui a touché la dorade rose au début des années 1980. Les petites dorades ont disparu avant les autres à cause de la surpêche, provoquant une chute brutale des stocks.

Un nécessaire plan de reconstitution

Pour éviter la catastrophe, les ligneurs bretons réclament un plan ambitieux de reconstitution des stocks, en protégeant les frayères[2] et les nourriceries des juvéniles. Il s’agit notamment de fermer ces zones à tout métier en février et en mars, période pendant laquelle la reproduction de l’espèce atteint son pic. La taille minimale de capture doit par ailleurs augmenter de 36 à 40 centimètres.

Que fait l’Europe?

Cette association professionnelle a tiré le signal d’alarme il y a 15 ans auprès du Comité national des pêches en raison de la baisse importante des stocks dans la Manche. Mais contrairement aux autres espèces, le bar ne fait l’objet d’aucun quota ni plan de gestion européens.

 



[1] Boulogne-sur-Mer, Cherbourg, Lorient, Port-en-Bessin, Roscoff, La Turballe, Saint-Gilles et Les Sables

[2] Les frayères sont les zones de reproduction

 



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