Les socialistes norvégiens veulent réduire les zones accessibles à l’industrie pétrolière

Le 10 avril 2019
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Pétrole en Norvège : le début de la fin ?
Pétrole en Norvège : le début de la fin ?
Equinor

Un tournant dans la politique du royaume scandinave.

 

Entre la défense des travailleurs et de l’environnement, les partis socialistes ont toujours choisi la première des deux causes. Les travaillistes norvégiens sont en train de tirer un bord. Le week-end dernier, les militants de la première formation politique du royaume scandinave ont voté l’interdiction de la prospection pétrolière dans les eaux des splendides archipels des Lofoten, des Vesterålen et des Senja. Cette décision devra être confirmée au Parlement, où le PS ne détient que 30% des sièges.

inquiétudes

Voilà des années que les socialistes norvégiens sont partagés entre leur indéfectible soutien à la richissime et laborieuse industrie pétrolière et des préoccupations climatiques croissantes. «J’exprime toute ma sympathie et ma compréhension à ceux qui seraient choqués par cette décision», s'est presque excusé Martin Kolberg, ancien patron du PS norvégien, quelques heures après le vote.

La nouvelle a, il est vrai, de quoi inquiéter travailleurs et milieux économiques locaux. En 2018, les hydrocarbures ont généré plus de 43% des revenus imputables aux exportations. Pétrole et gaz apportent 17% du PIB et 21% des revenus de l’Etat. Environ 170.000 Norvégiens travaillent pour une entreprise du secteur, soit 6% des travailleurs. La zone que souhaitent désormais protéger les socialistes pourrait receler entre 1 et 3 milliards de barils de brut: l’équivalent de une à trois années d’exportation, au rythme actuel.

évolutions

Pour autant, les dirigeants (conservateurs!) du royaume sont conscients que le développement de l’industrie pétrolière est incompatible, à terme, avec la stabilisation du réchauffement à 2°C, voire 1,5°C si l’on veut respecter l’Accord de Paris. Voilà plusieurs années qu’Oslo fait doucement évoluer la politique d’investissement de son fonds souverain.

Abondé par les royalties pétrolières, ce fonds aux 1.000 milliards de dollars d’actifs a commencé par s’interdire d’investir dans des entreprises faisant trop largement commerce du charbon. Plus récemment, le gouvernement l’a autorisé à doubler le montant de ses investissements dans le domaine des énergies renouvelables.



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