Les seuils-limites de chlordécone réduits pour la viande de bovins

Le 29 janvier 2019 par Stéphanie Senet
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Les bovins sont les seuls animaux visés par une baisse des limites autorisées de résidus de chlordécone
Les bovins sont les seuls animaux visés par une baisse des limites autorisées de résidus de chlordécone

 

Les résidus de chlordécone autorisés dans la viande de bovins destinée à la consommation humaine ont été abaissés de 80% selon un arrêté publié ce 29 janvier au Journal officiel.

 

Les viandes, préparations à base de viande, foies, reins, abats et farines issus de bovins ne devront plus dépasser 0,02 milligramme de résidus de chlordécone par kilogramme pour être reconnus propres à la consommation humaine. Cette limite maximale a été réduire de 80% par rapport au seuil fixé par l’arrêté du 30 juin 2008 (0,1 mg/kg).

 Pour mémoire, ce puissant insecticide, interdit en 1977 aux Etats-Unis et en 1990 en France, a été massivement utilisé aux Antilles entre 1972 et 1993, au nom d’une dérogation pour lutter contre le charançon du bananier. Ce perturbateur endocrinien a été reconnu comme cancérogène.

Pas de changement pour les autres viandes

C’est la seule modification apportée par ce nouvel arrêté, la viande issue de porcins, ovins, caprins, et espèces chevalines restant visée par un plafond de 0,1 mg/kg de résidus de chlordécone. Les volailles restent, de leur côté, soumises à un seuil de 0,2 mg/kg.

A noter que la viande issue de bovins rejoint les seuils applicables aux produits de la pêche en mer et en eau douce, agrumes, légumes-racines et légumes-tubercules, légumes-bulbes, légumes-fruits, salades, fines herbes...

Recours en annulation

Cette petite modification ne sera sans doute pas suffisante aux yeux de l’association guadeloupéenne EnVie-Santé, qui avait déposé un recours devant le tribunal administratif le 29 juin dernier pour faire annuler l’arrêté du 30 juin 2008, alors que le chlordécone est encore très présent dans les sols et certains captages d’eau des Antilles. Soutenue par les eurodéputés Michèle Rivasi (EELV) et Younous Omarjee (LFI), cette action vise à faire abroger les limites maximales autorisées dans les denrées alimentaires d’origine végétale et animale, qu’elle estime inadéquates aux seuils de valeurs toxicologiques de référence.



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