Les services écosystémiques, privilège de caste

Le 16 juin 2015 par Romain Loury
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La pollinisation agricole, un argument bancal?
La pollinisation agricole, un argument bancal?
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Dans les champs agricoles, 80% de la pollinisation serait assurée par seulement 2% des espèces d’abeilles sauvages, révèle une étude publiée mardi 16 juin dans Nature Communications. Ce qui met à mal l’argument des services écosystémiques, de plus en plus souvent présentés comme levier principal pour protéger la biodiversité.

Services écosystémiques ne riment pas forcément avec diversité des espèces, montre l’équipe de David Potts, de l’université de Reading (Royaume-Uni). Reprenant 90 études menées sur 5 continents, les chercheurs montrent que la pollinisation agricole est le fait de seulement quelques espèces d’abeilles sauvages, les plus communes, soit 2% des 785 espèces qu’ils ont analysées.

Favoriser ces quelques espèces, et donc assurer la pollinisation des champs agricoles, semble donc réalisable à faible coût: agriculture bio, implantation de fleurs sauvages et de plantes herbacées en lisière des champs. Autant de mesures qui seront en revanche sans grand intérêt pour les espèces les plus rares, celles qui rendent peu de services écosystémiques.

Les arguments moraux «essentiels»

Selon les chercheurs, «souligner les bénéfices économiques que la société peut tirer de la biodiversité constitue un outil efficace pour motiver les institutions. Toutefois, trop se focaliser sur les services rendus par les pollinisateurs pourrait mener à adopter des pratiques» qui ne profitent pas aux espèces minoritaires. Dont celles qui, dans la perspective d’un inéluctable changement de pratiques agricoles, pourraient devenir à leur tour des pollinisateurs importants.

Au-delà des aspects économiques, «les arguments moraux demeurent essentiels pour soutenir la conservation d’une plus grande part de la biodiversité, notamment les espèces menacées qui ne contribuent que peu aux services écosystémiques. Les écologistes et les experts de la biodiversité doivent clairement avoir cette distinction en tête si l’on souhaite que les politiques et les agriculteurs en viennent à défendre des espèces sans claire valeur économique», concluent-ils.



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