Les services dédiés aux crues se réorganisent

Le 19 octobre 2004 par Claire Avignon
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Le ministère chargé de l'Environnement restructure depuis 2002 ses services pour réaliser une carte de "vigilance inondations" quotidienne destinée à alerter les populations concernées. Les terribles crues des dernières années dans l’Aude et dans la Somme notamment sont à l’origine de ces changements.

Prévoir et non plus annoncer les crues. C'est ce à quoi s'engage le ministère de l'Ecologie et du développement durable avec sa réforme sur la gestion des crues. L'objectif est de mettre en place pour 2006 une carte de "vigilance inondations" quotidienne. Diffusée aux services de secours, aux mairies mais aussi au grand public, elle est conçue sur le modèle de la carte de vigilance de Météo France. Cette dernière indique si un danger (vents violents, fortes précipitations etc.) menace des départements grâce à une signalétique qui va du vert au rouge selon la situation. «Notre carte montrera les zones où l'on attend des crues sur une période de 24h. Si l'on annonce un risque, les habitants et les services publics devront être vigilants et s'informer régulièrement grâce aux bulletins d'accompagnement», explique Jean-Marie Carrière, directeur adjoint du service central d'hydrométéorologie et d'appui à la prévision (Schapi), qui dépend de la Direction de l'eau.

Ce centre technique a été créé en 2003 pour cartographier et suivre le risque inondation. Plusieurs rapports avaient recommandé son instauration depuis 1999. Les inondations de l'Aude, de la Bretagne et de la Somme, en 2001, ont accéléré le processus. En plus de l'élaboration de la carte, le centre technique développe une procédure d'astreinte pour venir en appui des Services d'Annonce de Crues (SAC) 24h/24h au moment des fortes crues. Il coordonne déjà plusieurs programmes de recherches, en partenariat avec des écoles d'ingénieur et des organismes comme le Cemagref et Météo France. Selon Jean-Marie Carrière, «les modèles de prévision de recherche ne peuvent généralement pas être utilisés en phase opérationnelle. C'est pourquoi nous créons des interfaces que les Services de prévision des crues (SPC) pourront manier plus facilement.» Le Schapi travaillera, en effet, en partenariat avec les SPC qui remplaceront progressivement les Services d'annonces des crues (SAC). «L'ampleur de la réforme est telle que beaucoup de SAC n'ont pas actuellement les moyens techniques, humains et financiers de faire de la prévision» analyse Yves le Trionnaire, chef du bureau de la prévention des inondations à Paris. D'ici 2006, les 52 SAC réparties dans toute la France avec leurs 140 salariés en équivalents temps-plein vont être remplacés par 22 SPC composés de 190 salariés. Réduire le nombre de services des crues a pour but de mieux les maîtriser et de les professionnaliser.

Le ministère chargé de l'environnement espère que ses agents auront plus de facilité pour mettre à jour le système informatique, se former aux nouvelles modélisations de prévision et écrire des bulletins d'accompagnements des cartes de vigilance plus précis et plus fréquents. Ce nouveau dispositif, engagé en 2002, devrait permettre de mieux prévenir les futures inondations. Même si pour les crues rapides du sud-est de la France, le gain de temps ne dépassera probablement pas quelques heures.


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