Les scientifiques du monde sont en marche

Le 21 avril 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Plus de 600 marches pour la science sont prévues dans le monde.
Plus de 600 marches pour la science sont prévues dans le monde.
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Pour protester contre la coupe annoncée des programmes de recherche sur le climat et l’environnement, citoyens et scientifiques du monde entier se mobilisent, le 22 avril, à l’occasion du Jour de la Terre.

C’est une conséquence inattendue des premiers mois de présidence de Donald Trump. Après avoir nié l’existence du réchauffement climatique, obligé le service des parcs nationaux à travestir l’évaluation de la (petite) foule ayant assisté à son intronisation, le président des Etats-Unis entend sabrer dans les budgets de la recherche.

Budgets sabrés

Dans son projet de budget pour 2018, le 45e locataire de la Maison blanche prévoit notamment de sabrer de 20% le budget de l’agence fédérale de protection de l’environnement (EPA). La ligne de crédit Recherche du département à l’énergie (DOE) devant, quant à elle, fondre de moitié. La Nasa et l’administration pour l’océan et l’atmosphère (NOAA) pourraient elles aussi laisser des plumes. Si le budget était voté tel quel, l’agence spatiale américaine devrait annuler 4 programmes d’observation de la terre.

Anticipant des coupes budgétaires, voire des interdictions de travailler sur certains sujets, de nombreux centres de recherche américains dupliquent leurs données dans des data centers situés aux 4 coins de la planète.

Réagissant à ce qu’ils estiment être une attaque frontale, un nombre considérable de scientifiques du monde entier appellent à manifester, samedi 22 avril, à l’occasion du Jour de la Terre.

Mouvement international

Lancé quelques jours à peine après l’investiture du président Trump, le mouvement international des Marches citoyennes pour la science a essaimé partout sur la planète. De Washington à Paris en passant par Moscou, Brasilia, Loubiana, Hong Kong, Tokyo ou Kampala: plus de 600 manifestations seront organisées par les scientifiques. En France, une vingtaine de marches ou de rassemblements sont ainsi prévus.

Interdépendance des programmes

L’idée n’est pas seulement de défendre les chercheurs américains. Mais aussi de souligner l’interdépendance des programmes scientifiques. Interrogé par l’AFP, Bjørn Samset se justifie: «Nous utilisons les données climatiques américaines tous les jours: les Etats-Unis, via leurs grandes agences et leur choix de rendre leurs travaux publics, sont devenus pour le monde entier les fournisseurs de données de qualité et sur le long terme. La recherche norvégienne, par exemple, est en pointe sur la modélisation et la compréhension des dérèglements climatiques. Mais pour cela, il faut des observations de long terme, depuis le fond des océans jusqu'au sommet de l'atmosphère. Jamais un pays de la taille de la Norvège ne pourrait le faire seul», note le directeur de recherche à l'institut Cicero d'Oslo.

Au Royaume-Uni, les 6 marches prévues feront entendre aussi un autre mot d’ordre. Bon nombre de scientifiques britanniques craignent les conséquences du Brexit pour la survie de leurs programmes, voire de leurs laboratoires. Entre 2007 et 2013, rappelle un récent rapport de la Royal Society, la recherche britannique a reçu plus de 8,8 milliards de subsides européennes.

 



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