Les scénarios du débat national sur la transition énergétique

Le 22 mars 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Embarquement immédiat pour le Facteur 4 !
Embarquement immédiat pour le Facteur 4 !

Même s’il reste des plus discrets, le débat national sur la transition énergétique se poursuit, au rythme d’une session plénière hebdomadaire.

La réunion du jeudi 21 mars a été rythmée par deux temps forts. Quelques heures après les journalistes, les membres du conseil national (CNTE) se sont vu enfin présenter les 20 mesures du plan d’action pour le bâtiment [JDLE]. Une bonne initiative, ont jugé plusieurs membres du CNTE interrogés par le JDLE, «mais qui reste très en deçà de l’enjeu de la rénovation thermique du parc immobilier français», précise l’un deux.

Second temps fort de la journée: la présentation par le «groupe des experts» d’une analyse comparative des scénarios énergétiques à l’étude. Un vrai travail de Romain. Car, souligne un bon connaisseur de ces questions, «il a fallu rendre comparables une quinzaine d’études n’ayant pas les mêmes bases, ni les mêmes champs d’application».

Faute de temps, les experts ont dû faire des choix. Dans son rapport, la commission 2050 du ministère de l’écologie avait, en son temps, épluché 24 scénarios énergétiques, dont 10 réalisés par les seuls RTE et Areva.

Si les critères de jugement sont nombreux (coût, création d’emplois, sécurité énergétique, impacts sanitaire et environnemental, robustesse, résilience, flexibilité, justice sociale, etc.), un seul suffit à les départager d’un seul coup d’œil: les engagements pris par la France, ces dernières années. Dit autrement: la loi qui s’impose à tous.

En 2009, le gouvernement de Nicolas Sarkozy s’est engagé à réduire de 20% les émissions tricolores de gaz à effet de serre entre 1990 et 2020 et à améliorer, dans le même temps, de 20% l’efficacité énergétique. Sachant qu’en 2020, 23% de la consommation d’énergie finale devront être satisfaits par des énergies renouvelables. Quelques années auparavant, le gouvernement Chirac s’était engagé à réduire des trois quarts les émissions françaises de gaz à effet de serre entre 1990 et 2050: le fameux Facteur 4. Voilà pour nos promesses gravées dans le marbre juridique.

Partiel (partial, diront certains), ce filtre des «engagements» est pourtant d’une redoutable efficacité. «Pour résumer, explique un membre du CNTE, il n’y a que trois scénarios qui respectent les engagements français à 2020 et 2050.» Et si ces derniers ne sont pas identifiés dans les diapositives projetées jeudi, les reconnaître n’est pas sorcier: scénario 2050 de l’Ademe [JDLE], scénario Negawatt [JDLE], scénario de transition énergétique de Greenpeace.

A 2020, ils décrivent les voies qui permettraient à l’Hexagone de ne plus consommer que 129 millions de tonnes équivalent pétrole par an (Mtep/an), contre 155 Mtep aujourd’hui, de produire 20 à 23% de l’énergie finale avec des renouvelables, tout en réduisant de 20 à 25% les émissions de CO2. «Ces trois exercices démontrent que la variable fondamentale est la sobriété énergétique. C’est elle qui est la plus efficace pour réduire les consommations, bien sûr, mais aussi pour laisser des marges de manœuvre entre énergies nucléaire, fossiles et renouvelables», explique un membre du CNTE.

Avant que ne débutent les discussions sérieuses, une question se pose: les membres du CNTE devront-ils tenir compte de tous les scénarios présentés, y compris ceux qui renvoient la France dans l’ère du tout nucléaire ou du tout fossile? De la réponse qui sera faite, l'on pourra déduire le mode de décarbonisation qui sera choisi par le gouvernement.



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