Les sandwiches de l’hôpital, un nid de Listeria?

Le 05 septembre 2012 par Romain Loury
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Le sandwich hospitalier peut rendre malade.
Le sandwich hospitalier peut rendre malade.

Les sandwiches vendus à l’hôpital constituent les principaux responsables des cas groupés de listériose survenant au Royaume-Uni, selon une étude publiée par la Health Protection Agency (HPA) dans le Journal of Hospital Infection.

Premières victimes de la listériose, les personnes les plus vulnérables : femmes enceintes, nouveau-nés, personnes âgées et celles dont le système immunitaire est altéré, notamment les cancéreux. D’où le fait que les cas groupés surviennent le plus souvent à hôpital -à la différence des cas isolés, dits «sporadiques».

Comment les personnes hospitalisées s’infectent-elles? Par les sandwiches pré-emballés, constatent Christine Little, spécialiste de gastro-entérologie à la HPA, et ses collègues. Sur les 11 séries de cas groupés répertoriées entre 1999 et 2011 au Royaume-Uni, 8 étaient le fait de ces sandwiches, soit 73% ! Bilan: 31 personnes infectées, 8 décès.

L’affaire la plus sérieuse est celle survenue en 2008 en Irlande du Nord, avec 7 personnes tombées malades, dont 3 sont mortes. Ici comme ailleurs, c’est toujours chez les fabricants de ces sandwiches industriels que la contamination a eu lieu. Reste que l’hôpital n’est pas toujours hors de cause : dans 5 affaires sur les 8, les sandwiches y étaient stockés à des températures dépassant 8°C.

Pour les auteurs de l’article, «le contrôle de la listériose constitue un défi particulier, du fait que les patients vulnérables et les femmes enceintes peuvent développer une maladie sévère après avoir ingéré des niveaux de Listeria monocytogenes normalement sans effet sur d’autres individus». A la différence d’autres pathogènes, comme Campylobacter, moins répandu, mais qui fait mouche à chaque coup.

Or les sandwiches vendus à l’hôpital -plus souvent ceux fabriqués à l’extérieur que sur place- se trouvent souvent porteurs de faibles niveaux de l’un ou l’autre des agents de la listériose. Lors d’une étude menée en 2009-2010 dans des hôpitaux britanniques, Listeria spp. était détectée sur 9,8% des 890 sandwiches analysés, Listeria monocytogenes sur 2,5%.

Qu’ils soient groupés ou sporadiques, le nombre de cas de listériose a doublé entre 2000 et 2009 au Royaume-Uni, une hausse qui touche surtout les plus de 60 ans, estime la Food Standards Agency (FSA), organisme britannique chargé de la sécurité des aliments. En France, le nombre de cas déclarés est passé de 269 en 1999 à 312 en 2010, selon l’Institut de veille sanitaire (InVS).

Selon la FSA, cette évolution pourrait être liée à la recrudescence de certaines maladies -dont le cancer-, ainsi qu’à l’usage de certains médicaments. Parmi eux, les immunosuppresseurs, mais aussi les inhibiteurs de la pompe à protons -prescrits contre l’ulcère, la dyspepsie ou le reflux gastro-œsophagien-, qui réduisent les sécrétions gastriques.

 



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