Les saisons chamboulées par le réchauffement

Le 23 juillet 2018 par Romain Loury
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Dans l'Antarctique, le cycle saisonnier s'affaiblit
Dans l'Antarctique, le cycle saisonnier s'affaiblit

Le réchauffement climatique peut aussi être observé au niveau des cycles saisonniers de température, selon une étude publiée vendredi 20 juin dans Science. Et l’empreinte humaine y devient de plus en plus manifeste.

Les changements climatiques d’une année sur l’autre, ou d’une décennie sur l’autre, sont en partie dus à des phénomènes naturels, tels que l’activité solaire, ou à des phénomènes océaniques, par exemple El Niño. Ce à quoi s’ajoute, de manière de plus en plus évidente, le réchauffement d’origine humaine, lié aux émissions de gaz à effet de serre. Etudier ce dernier revient donc à le distinguer des facteurs naturels.

Les écarts saisonniers étudiés

A ce jour, ces «études d’empreinte» («fingerprint studies», en anglais) ont porté sur les températures moyennes annuelles ou décennales, ou sur des saisons individuelles. Dans leur étude, Benjamin Santer, climatologue au Lawrence Livermore National Laboratory (Californie), et ses collègues ont étudié le cycle saisonnier des températures, à savoir les écarts thermiques entre saisons, ce qui offre une approche plus continue du réchauffement.

Ces variations de températures troposphériques (entre 0 et 12 km d’altitude) sont mesurées par satellite, grâce aux micro-ondes émises par les molécules de dioxygène (O2) excitées par la température.

Le climat s’éloigne de la variabilité naturelle

Les chercheurs montrent que, depuis les premiers relevés satellitaires de 1979, le cycle saisonnier s’est éloigné de la variabilité naturelle, et qu’il présente désormais une nette empreinte humaine.

Ce phénomène est particulièrement marqué aux latitudes tempérées dans l’hémisphère nord, où l’écart de température entre l’hiver et l’été tend à s’accroître. A l’inverse, l’écart se réduit près du pôle sud, signe d’un réchauffement hivernal. Les changements sont nettement plus faibles dans les zones tropicales.

Dans un éditorial, William Randell, chercheur au National Center for Atmospheric Research de Boulder (Colorado), juge que cette étude «met en évidence de nouveaux marqueurs de l’influence humaine sur le climat, qui affecte non seulement la température mondiale moyenne, mais aussi des variations locales et saisonnières. Grâce aux satellites, d’autres aspects locaux et saisonniers du changement climatique pourront être identifiés», qu’ils aient trait à la température, à l’humidité atmosphérique ou aux précipitations.



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