Les rues sombres ne sont pas plus dangereuses

Le 29 juillet 2015 par Romain Loury
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La pollution lumineuse, en hausse de 6% par an
La pollution lumineuse, en hausse de 6% par an

L’éclairage nocturne des villes sert-il encore à quelque chose? Pas vraiment, si l’on en croit une étude publiée dans le Journal of Epidemiology and Community Health: au Royaume-Uni, les villes qui l’ont réduit n’observent pas plus d’accidents de la route ou d’actes criminels.

Coûteuse d’un point de vue financier et énergétique, la lumière artificielle ne cesse d’augmenter à la surface du globe. Outre la consommation d’énergie, elle constitue une pollution environnementale, pour la faune dont elle perturbe le sommeil et le sens de l’orientation, mais peut-être aussi pour l’homme, dont le rythme biologique pourrait s’en trouver altéré.

Or il n’est pas évident qu’elle serve à grand-chose, suggèrent Rebecca Steinbach, de la London School of Hygiene and Tropical Medicine de Londres, et ses collègues. Les chercheurs en ont fait l’expérience, en se penchant sur 62 collectivités locales d’Angleterre et du pays de Galles qui ont récemment décidé de réduire leur éclairage nocturne, et en analysant le taux d’accidents de la route et d’actes criminels entre 2000 et 2013.

Pour les accidents de la route, l’équipe ne note aucune évolution notable dans les villes ayant économisé sur l’éclairage nocturne, que ce soit dans les quartiers où il a été complètement éteint, dans ceux où il a été restreint à quelques heures de la nuit, dans ceux où l’intensité lumineuse a été réduite, ou dans ceux où a été mis en place un système moins énergivore -des LED de lumière blanche.

De même pour les actes criminels (vols de voiture, violences, cambriolages, etc.), pour lesquels les chercheurs ne notent pas de changement marquant. Ils observent même une légère diminution, d’environ 16%, dans les villes ayant réduit l’intensité lumineuse. Ce qui, selon eux, pourrait s’expliquer, par une plus grande difficulté des criminels à «identifier des cibles adéquates».

Une dépense de pur confort?

Selon Phil Edwards, co-auteur de l’étude, «chaque année, le Royaume-Uni dépense 300 millions de livres [426 millions d’euros] pour l’éclairage public. Alors que les autorités sont à la recherche d’économies budgétaires, notre étude montre qu’il peut être aisément réduit sans hausse des accidents ou de la criminalité».

Si l’éclairage nocturne est si souvent inutile, qui peut s’opposer à sa diminution? La population elle-même, selon une étude menée par la même équipe. Publiée dans Health & Place, elle révèle que, si beaucoup de gens n’ont pas remarqué la transition, d’autres se disent moins en sécurité depuis que l’éclairage a été réduit, certains y voyant même une marque de négligence des autorités vis-à-vis de leur quartier.

La pollution lumineuse serait en hausse de 6% par an dans le monde, selon une approximation effectuée à partir de diverses mesures, faites à  travers le monde, de la clarté du ciel nocturne. En France, la luminosité a augmenté de 3% par an entre 1990 et 2000, estimait en 2007 l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).



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