Les routes arctiques rendent les phoques malades

Le 07 novembre 2019 par Romain Loury
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Un virus circulant grâce aux pinnipèdes arctiques
Un virus circulant grâce aux pinnipèdes arctiques
©Oceana/Carlos Minguell

Avec le réchauffement climatique, les routes arctiques commencent à s’ouvrir, pas uniquement à la navigation mais aussi à des maladies touchant la faune sauvage. Selon une étude publiée jeudi 7 novembre dans la revue Scientific Reports, une maladie qui a décimé le phoque atlantique en 2002 a ainsi fait son apparition chez des mammifères vivant au Pacifique Nord, jusqu’alors épargnés.

En 1988 puis en 2002, le phoque commun de l’Atlantique Nord a été touché par de violentes épidémies d’infection par le Phocine Distemper Virus (PDV), un pathogène proche du Canine Distemper Virus (CDV) -responsable de la maladie de Carré chez le chien. Lors de la dernière épidémie, on estime que 51% des phoques auraient été décimés.

Dans le Pacifique, rien de tel n’avait été détecté avant 2003, si ce n’est des cas de CDV, qui infecte aussi les pinnipèdes. La situation a changé en 2003: selon l’étude menée par l’équipe de Tracey Goldstein, spécialiste en santé animale à ‘université de Californie (Davis), le PDV a déferlé dans le Pacifique Nord cette année-là.

Des vagues d’infection en 2004 et 2009

Selon l’analyse menée sur près de 2.700 individus (diverses espèces de phoques, lions de mer, loutres de mer), 30% des animaux testés en 2003 et 2004 étaient séropositifs: ils avaient été infectés par le virus, mais sans entraîner d’épidémie mortelle, signe que le pathogène est peut-être moins virulent que chez le phoque atlantique. La prévalence d’infection a graduellement diminué, avant de connaître un nouveau pic en 2009.

Or l’étude révèle que ces deux vagues d’infection (2003-2004, 2009) coïncident avec une ouverture des routes arctiques, suite à un recul estival particulièrement prononcé de la banquise au cours de ces deux années. Ce qui a ouvert un passage, normalement impraticable, à des pinnipèdes peuplant l’océan Arctique. Ceux-ci ont alors servi de véhicule au virus entre l’Atlantique Nord et le Pacifique Nord.

Selon les chercheurs, «les impacts sanitaires de cette nouvelle norme arctique sont inconnues, mais l’association entre ces routes de l’océan Arctique et une hausse des infections par le PDV suggère de nouvelles opportunités pour les pathogènes, PDV ou autres, de se propager de l’Atlantique Nord au Pacifique Nord».



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