Les rivières françaises toujours polluées aux pesticides

Le 16 mars 2015 par Stéphanie Senet
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Concentration en pesticides des cours d'eau en 2012
Concentration en pesticides des cours d'eau en 2012

89% des eaux de surface métropolitaines s’avèrent contaminées par des pesticides, selon les statistiques publiées le 9 mars par le Commissariat général au développement durable (CGDD) pour l’année 2012. Un bilan aussi mauvais qu’en 2011.

 

Les prélèvements ont visé 2.555 points de mesure[1] situés en métropole et dans les départements d’Outre-mer (DOM). Si le taux de contamination aux pesticides s’élève à 89% en métropole, il affiche 56% dans les DOM (hors Guyane). Au total, 602 pesticides différents ont été répertoriés.

 

Grande variété de pesticides

 

Dans un quart des cas, les cours d’eau ont révélé la présence de plus de 20 pesticides différents. C’est la situation la plus répandue dans l’Hexagone. Géographiquement, cela concerne un large tiers nord, en amont du Rhône, ainsi que quelques zones ponctuelles en Pays de la Loire.

En métropole, on retrouve surtout les molécules suivantes: atrazine, atrazine déséthyl, aldrine, bentazone, bromoxynil, chlortoluron, diuron, dieldrine, endrine, linuron… Le glyphosate, et son principal métabolite, l’AMPA, font également partie du top 15 des substances les plus retrouvées, s’inquiète l’association Générations futures. Comme l’atrazine, il s’agit en effet d’un perturbateur endocrinien.

 

Fortes concentrations dans les régions céréalières

Un quart des points de mesure affichent une concentration en pesticides comprise entre 0,5 et 5 microgrammes par litre (eau impropre à la consommation) et 1,6% d’entre eux dépassent même les 5 μg/l.

Selon les seuils définis par la directive-cadre sur l’eau, 5% seulement des cours d’eau sont dans le rouge pour 82% conformes. Un résultat à nuancer puisque dans 13% des cas, le ministère de l’écologie estime qu’il n’est pas possible de se prononcer.

Sans surprise, les plus fortes concentrations ont été observées dans les grandes régions céréalières, de maïsiculture et de viticulture: bassin parisien, Pays de la Loire, Sud-Ouest, vallée du Rhône. Outre-mer, la Martinique reste fortement touchée par une contamination au chlordécone, 20 ans après son interdiction. Ce qui montre la forte imprégnation de cette molécule dans l’environnement.

Une très petite partie des stations de mesure (11%) ne montrent aucune trace de pesticide. Elles sont localisées dans les régions montagneuses (Alpes et Pyrénées), dans le sud de l’Auvergne et dans le Limousin.

 

Les eaux souterraines aussi

Les eaux souterraines ne sont pas mieux loties, avec 586 pesticides détectés. Au total, ceux-ci sont observés dans 71% des points de mesure métropolitains et dans 55% pour les DOM. Les zones touchées par le plus grand nombre de molécules se trouvent dans un grand quart nord-est de l’Hexagone, dans le couloir rhodanien, et dans une moindre mesure entre le sud de la Bretagne et les Pyrénées ainsi qu’au nord de la Martinique.

Ces régions présentent aussi les plus fortes concentrations. Près de 30% des points de mesure affichent un taux supérieur à 0,1 μg/l. Dans 6% des cas, le seuil de 0,5 μg/l est même dépassé. Au regard des plafonds de la directive-cadre sur l’eau, 19% des points de prélèvement ne respectent pas les normes européennes de qualité. Peu d’évolution, donc, par rapport aux mauvais résultats observés en 2011.



[1] Sur les 2.706 points de mesure disponibles

 



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