Les rivières alpines, trop peu protégées selon le WWF

Le 20 octobre 2014 par Romain Loury
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Un Arc alpin sous-protégé
Un Arc alpin sous-protégé
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Les cours d’eau de l’Arc alpin sont dans un état plutôt passable, selon une étude menée pour le compte du WWF Suisse. Entre les centrales hydroélectriques et le réchauffement climatique, leur situation pourrait ne pas s’arranger de sitôt.

De la France à l’Autriche en passant par la Suisse, l’Italie, l’Allemagne et la Slovénie, ce sont pas moins de 57.000 km de cours d’eau, à savoir tous ceux disposant d’un bassin versant supérieur à 10 km2, qu’une équipe de l’Institut d’hydrobiologie et de gestion des écosystèmes aquatiques (Vienne) a analysés pour la branche suisse du WWF.

Selon ses résultats, 11% des cours d’eau alpins, ou plutôt des «unités de rivière» (définies comme des segments de cours d’eau situés entre deux affluents), sont dans un «très bon» état écologique -c’est-à-dire qu’ils demeurent à l’état naturel. Au total, 48% sont jugés dans un état écologique bon ou très bon, 25% dans un état passable, 5% dans un état faible ou mauvais [1].

A priori, les chiffres ne semblent pas si mauvais que cela. Sauf que l’avenir semble très incertain: «l’Autriche, qui présente le plus grand réseau de rivières alpines, dispose déjà de plus de 5.000 centrales hydroélectriques. Plus de 100 autres sont prévues au cours des prochaines années, ce qui va aggraver une situation déjà tendue», estiment ainsi les chercheurs. Dans l’ensemble de l’Arc alpin, 72% des cours d’eau sont déjà exploités par des centrales.

La Suisse, «mauvais élève» pour le WWF suisse

Bien que l’étude livre peu de données par pays, le WWF juge que la confédération helvétique est le mauvais élève de l’arc alpin. «Alors que l’UE applique une interdiction explicite de dégradation des cours d’eau de valeur, la Suisse continue de subventionner des projets de petites centrales hydrauliques – et cela, précisément, sur les dernières perles écologiques et paysagères», déplore l’association.

«De telles petites centrales hydrauliques ne produisent généralement que très peu d’électricité et ne sont donc pas déterminantes pour le tournant énergétique», juge-t-elle, appelant à «rénover les ouvrages existants et [à] augmenter leur rendement».

Les rivières alpines comptent parmi les premières victimes attendues du réchauffement climatique en Europe: il devrait y favoriser les extrêmes climatiques tels qu’inondations et sécheresses, estiment les chercheurs viennois. Une fragilité que pourrait aggraver l’artificialisation des rivières: or 69% d’entre elles ne font l’objet d’aucune protection, du type UICN ou Natura 2000.

Outre une restauration des rivières endommagées, l’équipe propose la création de zones «no-go», bénéficiant d’une protection absolue. Parmi les cours d’eau à cibler, ceux jouissant encore d’un bon état écologique, ainsi que ceux contenant des espèces de faune et de flore jugées importantes ou endémiques.

[1] Quant aux 22% restants, il s’agit soit de cours artificiels ou très fortement modifiés, soit d’un manque de données disponibles.



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