Les risques liés aux poussières de bois

Le 24 janvier 2005 par Claire Avignon
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D'après une étude de l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS), les travailleurs potentiellement exposés aux poussières de bois sont 310.000 en France. Une réglementation plus stricte pour prévenir cette exposition sera mise en place en 2005.

Suite au décret du 23 décembre 2003 relatif à la prévention du risque chimique, la valeur limite d'exposition professionnelle - qui ne doit pas être excédée en moyenne sur huit heures - sera abaissée à 1 milligramme par mètre cube (mg/m3) de poussières de bois. Depuis 1997, cette valeur n'était que recommandée et la valeur réglementaire était de 5 mg/m3. «Cela deviendra une des valeurs limites les plus sévères d'Europe, explique Raymond Vincent, responsable du laboratoire de caractérisation du risque chimique à l'INRS. Seulement, une étude que nous sommes en train de mener en collaboration avec la Finlande montre que la moitié des salariés français exposés subissent une exposition supérieure à 1 mg/m3. «Le fait d'augmenter la contrainte réglementaire devrait améliorer ces statistiques», estime Raymond Vincent. En outre, les efforts consentis par les industriels ont été importants les dernières décennies puisqu'en quinze ans, l'exposition aux poussières a été réduite d'un facteur quatre. Le secteur de la construction représente la moitié des salariés exposés, suivi par le secteur de la fabrication de meubles, l'emballage de bois, la production de parquet etc. «L'investissement a été important, poursuit Régis Accart, chef de projet métier-partenariat à l'Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux public (OPPBTP). Pour un atelier moyen d'une dizaine de machines, cela représente 30.000 euros. »

L'inhalation de poussières de bois entraîne à la fois des risques de cancers de l'ethmoïde (c'est-à-dire des fosses nasales) et des risques non cancérigènes (sinusite, asthme, toux, allergie de contact). Selon l'étude de l'Institut national de veille sanitaire (INVS) menée par Ellen Imbernon, 67 cancers de l'ethmoïde et des sinus de la face ont été reconnus en 1999 au titre du tableau 47 du Régime général de la sécurité sociale, et 60 en 2000. Pour prévenir l'exposition, la solution de procéder à une substitution n'est pas envisageable puisque le bois se trouve au coeur même de son industrie. «Avec les industriels, les pouvoirs publics travaillent donc sur la conception des machines et la protection collective, en installant des dispositifs de captage, indique Raymond Vincent. Le dernier recours serait de faire porter des masques aux travailleurs. Mais nous évitons cette solution pour le moment car elle serait très inconfortable.» Selon Régis Accart, «Peut-être un jour en viendrons-nous aux masques, notamment pour les machines portatives comme les scies et les ponceuses.» Car pour ces appareils, le captage est beaucoup plus délicat.




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