Les risques et les pénibilités au travail évoluent

Le 29 décembre 2004 par Christine Sévillano
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Les nouvelles réglementations et la sensibilisation accrue des employeurs n'ont pas réduit les risques et les pénibilités au travail. Les premiers résultats de l'enquête Sumer de 2003, publiée par le ministère de la Santé, montrent une augmentation et une modification de ces risques et pénibilités. Exemple: l'exposition aux produits chimiques a augmenté de trois points en neuf ans.

Les premiers résultats de l'enquête Sumer de 2003, lancée par l'inspection médicale du travail et la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), présentent des évolutions sur les risques et la pénibilité au travail comparées à 1994. Ils sont dus notamment à des contraintes organisationnelles. Près de 50.000 salariés interrogés par environ 1.800 médecins du travail ont permis de mettre en évidence que les entreprises demandent à leurs salariés de s'adapter davantage aux demandes de leur clientèle. 55% déclarent désormais devoir répondre rapidement aux attentes extérieures, contre 49% il y a neuf ans. La plus forte hausse est enregistrée auprès des ouvriers, de l'ordre de 7 points.

De nouvelles contraintes qui impliquent également un renforcement de la surveillance par la hiérarchie via les moyens informatiques. Ce type de contrôle a augmenté de 13 points, et même de 15 pour les ouvriers. Les salariés sont aussi davantage dépendants de leur collègue, puisque 28% affirment qu'une telle dépendance existe contre 26% en 1994. Dernier signe de la réorganisation des entreprises: le sentiment de travailler dans l'urgence. Il grimpe de 12 points en neuf ans, il est exprimé par trois salariés sur cinq! Cette progression est vécue dans tous les secteurs, en particulier dans l'agriculture, et chez les cadres comme chez les ouvriers non qualifiés.

L'exposition au bruit a aussi grimpé. Plus de trois millions de salariés sont aujourd'hui exposés à un bruit supérieur à 85 décibels, soit 18% contre 13% en 1994. Toutefois, les expositions longues sont stables (6% des salariés), en particulier chez les ouvriers qualifiés. Des secteurs d'activité sont plus concernés que d'autres. Les industries du bois et du papier, de la métallurgie, de la construction et des produits minéraux exposent la moitié de leur effectif. Autre problème de pénibilité en forte hausse: le travail sur écran. Entre 1994 et 2003, les salariés travaillant plus de 20 heures sur un écran a presque doublé puisqu'ils sont désormais 22%. Et la moitié de l'ensemble des interrogés travaille sur un écran quelle que soit la durée, en particulier chez les cadres, les professions intermédiaires et les employés administratifs. La manutention manuelle de charges a également gagné du terrain. 41% des salariés interrogés doivent soulever ou déplacer des charges lourdes contre 38% neuf ans plus tôt. La construction est davantage concernée avec 7 personnes sur 10.

L'exposition aux agents biologiques est stable à 15%, même si elle est sous-estimée puisque l'enquête n'a pas pris en compte les médecins et les salariés de la recherche publique. Les professions de la santé, l'action sociale et l'agriculture sont davantage affectées avec une hausse constatée dans le secteur des BTP et de l'industrie. Le contact avec les produits chimiques est en progession de 3 points. Près de 7 millions, soit 38% des salariés, ont été exposés à un produit chimique au minimum la semaine précédant l'enquête. Les plus fortes hausses ont été enregistrées dans la construction, à hauteur de 11%, dans l'industrie et l'agriculture pour 7%. La multi-exposition croît aussi de 3%: 16% des salariés sont exposés à au moins trois substances. A noter qu'il s'agit davantage de solvants et de tensio-actifs.

Enfin, cette enquête révèle le début de la disparition de certaines situations comme les longues journées de travail. Seulement 20% des salariés ont travaillé plus de 40 heures la semaine précédant leur entretien contre 29% en 1994. Cette proportion désigne toutefois en grande majorité les cadres. Le travail répétitif, source de troubles musculo-squelettiques, a également tendance à diminuer. Près de 10% des salariés répètent un ou plusieurs gestes plus de 10 heures par semaine, soit une perte de 2,5 points. Des efforts restent donc à faire sur de nombreux aspects pour atténuer les risques sanitaires des salariés.




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