Les risques du Bisphénol-A en débat au Parlement

Le 05 juin 2009 par Sabine Casalonga
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A l’occasion d’une audition publique à l'Assemblée mercredi 3 juin, des scientifiques ont critiqué les expertises des agences sanitaires françaises et européennes concluant à l’innocuité du bisphénol-A (BPA), une molécule présente dans les produits en plastique comme les biberons.
Selon le Réseau environnement santé (RES), ce débat a permis de mettre en lumière les nombreux travaux ayant démontré l’effet néfaste du BPA à de faibles doses, inférieures au seuil réglementaire (2). Un seuil qui serait basé «sur une déontologie discutable et un référentiel obsolète» selon André Cicolella, chercheur et porte-parole du RES. Une experte de l’Afssa (1) a cependant critiqué la faiblesse méthodologique de ces études, estimant que «sur les bases scientifiques actuelles, on ne peut retenir d'effet significatif à basse dose», selon l’AFP.
Les résultats de l’équipe de Patrick Fénichel du CHU de Nice montrant l’effet du BPA sur la croissance de cellules cancéreuses humaines à de très faibles doses (3) ont également été présentés. Le scientifique a noté la proximité de structure du BPA avec le distilbène, un produit donné dans les années 60-70 aux femmes enceintes à l'origine de nombreuses malformations. D’après lui, des doses faibles peuvent avoir des effets toxiques du fait de l'exposition tout au long de la vie, de la multiplication des perturbateurs endocriniens et de la prise en compte des périodes critiques d'exposition, comme l'état fœtal ou de nourrisson.
Gérard Bapt, député PS de Haute-Garonne, et président du groupe Santé environnementale à l’origine du débat, s'est étonné que la ministre de la santé Roselyne Bachelot ait été si «péremptoire» en affirmant fin mars qu'il n'y avait pas lieu d'appliquer le principe de précaution pour les biberons au BPA. Le RES qui sera reçu au cabinet de la ministre mardi 9 Juin, demandera qu’elle «réexamine sa position».

(1) Afssa: Agence française de sécurité sanitaire des aliments
(2) Dose journalière admissible (DJA) chez l’homme de 50 microgrammes par kilo et par jour
(3) «Low Doses of Bisphenol A Promote Human Seminoma Cell Proliferation by Activating PKA and PKG via a Membrane G protein-coupled Estrogen Receptor» Bouskine A. Nebout M. et al. Environmental Health Perspectives (11 février 2009)


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