Les rhumatismes naissent-ils dans l’intestin?

Le 13 novembre 2013 par Romain Loury
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La olyarthrite rhumatoïde touche notamment les articulations des mains.
La olyarthrite rhumatoïde touche notamment les articulations des mains.
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La polyarthrite rhumatoïde, fréquente maladie rhumatismale dont les causes sont loin d’être connues, pourrait en partie être liée à la flore intestinale, révèle une étude américaine publiée dans la revue scientifique eLife.

Comme de nombreuses maladies chroniques, la polyarthrite rhumatoïde, souvent surnommée «arthrite», semble le fait de facteurs génétiques et environnementaux, dont le mieux établi n’est autre que le tabagisme. Suite à des études menées chez la souris, l’équipe de Dan Littman, de la New York University School of Medicine, vient d’en découvrir un autre, chez l’homme: la flore intestinale, elle-même sous l’influence de notre alimentation.

Les chercheurs ont analysé les selles de 114 personnes, parmi lesquelles des polyarthritiques récemment diagnostiqués, d’autres atteints depuis plusieurs années mais sous traitement, des patients touchés par une autre maladie rhumatismale (le rhumatisme psoriasique) et des volontaires sains. Ils y ont analysé la composition de la flore intestinale par séquençage génétique.

Résultat le plus frappant, la présence fréquente, dans l’intestin de patients récemment touchés, de la bactérie Prevotella copri: 75% d’entre eux en étaient porteurs, contre 21,4% des volontaires sains, 11,5% des polyarthritiques sous traitement et 37,5% des personnes atteintes de rhumatisme psoriasique. La bactérie semblait y prospérer au détriment de celles du genre Bacteroides, considérées comme bénéfiques.

Par ailleurs, les bactéries Prevotella copri présentes chez les polyarthritiques récents diffèrent de celles observées chez les volontaires sains: elles contiennent moins de gènes impliqués dans le métabolisme des vitamines, plus de gènes de métabolisme de la cystéine, acide aminé.

Un futur outil de diagnostic?

S’il est encore difficile de cerner le sens biologique de ces résultats, les chercheurs y voient d’ores et déjà un intéressant outil de diagnostic: grâce à une analyse génétique des selles, il pourrait être possible de déceler une polyarthrite avant que les signes cliniques ne surviennent. Ce qui pourrait même permettre de la prévenir par des médicaments.

Pour l’instant, il demeure impossible de savoir si la présence de Prevotella copri est une cause ou une conséquence de la polyarthrite rhumatoïde: la colonisation intestinale par la bactérie est-elle l’un des événements entraînant la maladie, ou bien est-elle favorisée par l’inflammation, celle-là même qui accompagne la polyarthrite?

Si la première hypothèse, celle de la cause, venait à l’emporter, cette étude révèle un phénomène intéressant: les patients porteurs de l’«épitope partagé», séquence génétique prédisposant à la polyarthrite rhumatoïde, portent moins de Prevotella copri que ceux qui en sont dénués. Comme si certains cas de la maladie étaient avant tout le fait d’un héritage génétique, d’autres plutôt le résultat de l’environnement.



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