Les requins s’hybrident pour mieux s’adapter

Le 03 janvier 2012 par Geneviève De Lacour
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Des scientifiques ont annoncé avoir découvert les premiers requins hybrides au monde dans les eaux australiennes, signe probable que ces prédateurs s'adaptent au changement climatique.

Selon eux, le requin australien à pointe noire (Carcharhinus melanopterus) localisé près des côtes de l’île-continent se serait reproduit avec le requin à pointe noire trouvé ailleurs dans le monde.

Les chercheurs effectuaient des travaux au large de la côte est de l'Australie, pour répertorier la faune, lorsque des tests génétiques ont montré que certains squales appartenaient à une espèce donnée alors qu'ils avaient les caractéristiques physiques d'une autre espèce. «C'était très surprenant car personne n'avait encore vu de requin hybride. Ce n'est pas quelque chose qu'on peut imaginer facilement. C'est l'évolution en direct», explique Jess Morgan, de l'université du Queensland, Australie.

Au total, les scientifiques ont étudié 57 spécimens de ces requins hybrides. «Les premiers résultats de l'étude suggèrent que les hybrides sont robustes et parviennent à se reproduire», ajoute Colin Simpfendorfer, de l'université James Cook, qui a participé aux travaux de recherche.

Le requin à pointe noire australien est plus petit que son cousin plus commun et ne peut vivre que dans des eaux tropicales. Ses descendants hybrides ont en revanche été retrouvés à 2.000 kilomètres vers le sud, dans des eaux beaucoup plus froides.

«En se reproduisant avec l'espèce commune, le requin australien accroît son habitat naturel», indique Jess Morgan. «Cela permet à des espèces limitées aux eaux tropicales de vivre dans des eaux plus tempérées», ajoute-t-il.

«Et si les spécimens hybrides se révèlent plus robustes que leurs parents de pure race, ils pourraient les remplacer petit à petit », complète Colin Simpfendorfer.

«Je ne sais pas si c'est le cas ici, mais nous savons qu'ils sont viables, qu'ils se reproduisent et qu'il y a plusieurs générations d'hybrides. Ils semblent être tout à fait sains.»

Ces requins hybrides sont nombreux, représentant dans certains endroits jusqu'à 20% de la population totale de requins à pointe noire évoluant près des côtes australiennes. Mais ils ne semblent pas pour le moment supplanter leurs parents de pure race, note Jess Morgan.



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