Les requins croisent plus souvent des humains…

Le 19 août 2011 par Geneviève De Lacour
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Selon un bilan international établi par l'université de Floride, 79 attaques de requins ont été recensées dans le monde au cours de l’année 2010 dont 6 mortelles, soit une hausse de 25% des accidents par rapport à 2009. Cette année-là, le nombre d’attaques s’élevait à 63 alors qu’en 2008 on en avait dénombré 53, dont 4 mortelles. Entre 2008 et 2010 la hausse est donc de 49%.

Pour 2011, on compte déjà 6 morts et 7 blessés selon un décompte de l'AFP.
 
«Il n'y a en moyenne que 5 attaques mortelles par an dans le monde, c'est assez faible comparé aux attaques d'autres animaux comme les éléphants, crocodiles, abeilles ou cobras», indique Agathe Lefranc, chargée de mission scientifique à l'Association pour l'étude et la conservation des sélaciens, incluant requins et raies (Apecs).
 
Première explication avancée: le développement de la mobilité des touristes. Grâce aux vols à bas coût, un nombre toujours plus grand de vacanciers peuvent aller nager, plonger ou surfer dans des endroits préservés jusqu'à récemment de toute présence humaine. L'augmentation du nombre des attaques reflète certainement le temps croissant passé par les humains dans la mer, selon les observations de l'université de Floride.
 
Parmi les derniers accidents en date, l’un a défrayé la chronique. Un jeune marié britannique a été tué le 16 août dernier par un squale aux Seychelles sous les yeux de son épouse lors de leur lune de miel. Un mois plus tôt, un Français avait trouvé la mort au même endroit et dans des circonstances identiques. Les autorités locales ont donc interdit ces plages paradisiaques aux baigneurs.
 
Le 17 août, dans la zone extrême-orientale de Russie, un adolescent a été grièvement blessé lors d'une attaque dans la région de Primorié. La veille, dans le même district de Khassan, un jeune homme de 25 ans a eu les bras coupés jusqu'au coude par un requin à 50 mètres de la plage. Au même moment dans les Caraïbes, une vacancière à Porto-Rico était blessée par l'un de ces prédateurs, dont un tiers des espèces est classé en danger d'extinction par l'Union internationale de la conservation de la nature (UICN).
 
«Les attaques de requins sont systématiquement médiatisées, mais on n'a pas d'éléments concrets montrant, par exemple, que les requins sont devenus super agressifs de par la raréfaction de la nourriture», complète Agathe Lefranc. Pour David Jacoby, de l'Association de biologie marine (MBA) de Plymouth (Grande-Bretagne), les raisons des attaques sont souvent locales, mal comprises et font rarement l'objet d'enquêtes. Pascal Coutant, directeur de l’aquarium de La Rochelle précise quant à lui que «les attaques ont surtout lieu sur des surfeurs dont le nombre a augmenté ces dernières années et qui ressemblent à des phoques quand ils sont vus par en-dessous ». Pour lui, l’augmentation est à analyser avec précaution car elle est relative à un très petit nombre d’attaques par an. Et les cas mortels demeurent stables chaque année.
 
En novembre et décembre derniers, la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh sur la mer Rouge, a été le théâtre de 5 attaques en une semaine, tuant une septuagénaire allemande. Selon les autorités égyptiennes, les prédateurs ont pu être attirés près des côtes par un bateau transportant du bétail ayant jeté en mer des moutons morts. D'autres accusaient la pratique de certains animateurs jetant de la nourriture aux requins pour assurer des séquences grands frissons aux touristes. «Les séances de «shark feeding» plaisent beaucoup aux touristes », complète Pascal Coutant.
 
Pour le spécialiste égyptien de l'environnement, Magdi al-Alwani, «les requins auraient pu être forcés de venir près des côtes du fait de la surexploitation des fonds de pêche dans leur milieu naturel».
«Ce ne sont que des suppositions ou alors des observations trop anecdotiques pour qu'on puisse en sortir des généralités», note cependant Agathe Lefranc, soulignant qu'on pourrait aussi imaginer que le réchauffement climatique fasse évoluer les aires de répartition des espèces.
 
Sur l’ile de la Réunion, après les 4 récentes attaques de requins, les élus de l’île ont mis en place en juillet un comité de pilotage pour rassurer la population et les touristes. En attendant les résultats du comité, des plaquettes vont être éditées et des panneaux d'information installés sur les zones dangereuses avec une signalétique adaptée pour «ne pas faire fuir les touristes, seuls des surfeurs ayant été attaqués, pas un seul baigneur», a souligné le sous-préfet.
 
Le président de la ligue de surf de la Réunion Robert Boulanger a déjà trouvé la parade: installer lors des compétitions un bouclier électrique développé en Australie et en Afrique du Sud, appelé «shark shield», permettant de maintenir à distance les requins. «Théoriquement, ça marche», a-t-il assuré.
 
Dans le match les opposant à l’homme, les sélaciens ne sont pas à la fête. Surpêché, le poisson cartilagineux commence à se raréfier dans certaines régions. Dans la seule Méditerranée, l’UICN estime que sur les 30 espèces observées, 13 sont au bord de l’extinction, 8 sont en danger et 9 sont vulnérables.
 


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