Les renouvelables européennes dans la panade

Le 28 mars 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le crépuscule des ENR.
Le crépuscule des ENR.

Sans une forte accélération de sa politique, l'Union européenne n'a aucune chance d’atteindre ses objectifs en matière d’énergies renouvelables à l’horizon 2020. Après avoir vidé de sa substance la directive «efficacité énergétique», les 27 vont-ils définitivement couler leur Paquet Energie Climat?

Voilà qui ne va pas arranger les affaires de la commissaire européenne à l’action climatique, lors des prochaines négociations internationales.

C’est désormais un fait acquis. Après l’efficacité énergétique [JDLE], l’Union européenne ne tiendra pas non plus ses engagements en matière d’énergies renouvelables. C’est du moins ce que l’on peut retenir de l’évaluation des politiques communautaires en faveur des énergies renouvelables (ENR) publiée, mercredi 27 mars, par la Commission. Rapport dont le JDLE s’est rapidement fait l’écho, mercredi .

La directive 2009/28/EC impose que 20% de l’énergie finale consommée, en 2020, par les 27 soient d’origine renouvelable. Chaque Etat devant atteindre un objectif propre (23% pour la France). Or, à 7 ans de l’échéance, les trajectoires sont loin d’être optimales.

En 2010, les énergies «vertes» étaient à l’origine de 12,7% de l’énergie que nous avons consommée. Pas si mal, surtout si l’on rapporte ce chiffre à celui de 2005: 8,5%. La suite est plus préoccupante.

Car, en les regardant dans le détail, les chiffres sectoriels sont inquiétants. Dans le domaine de la production d’électricité, 15 Etats membres n’ont pas atteint leurs objectifs intermédiaires, en 2010. Dans le domaine des transports, ils sont 22 à être en dehors des clous.

L’exemple de l’éolien est l’un des pires. A en croire les programmes nationaux, les aérogénérateurs devraient fournir 140 térawattheures par an d’électricité en 2020. Mais la crise est passée par là. Et les barrières administratives se sont abaissées. Au mieux, calcule la Commission, les turbines européennes, installées en mer, injecteront sur les réseaux moins de 43 TWh/an dans 7 ans: moins du tiers de ce qui était prévu. En combinant production des champs terrestres et marins, Bruxelles estime qu’Eole produira, en 2020, 253 TWh/an: moitié moins que les prévisions.

La désillusion est moindre chez les promoteurs de valorisation énergétique de la biomasse. Selon les dernières estimations communautaires, l’Europe devrait ainsi éviter de consommer, chaque année, 85 millions de tonnes équivalent pétrole (MTEP), en 2020, contre 104 MTEP initialement programmé. La faute en revient cette fois à la crise du secteur papetier, grand pourvoyeur de biomasse à valoriser.

Pour les agrocarburants, c’est encore pire. Leur utilisation devait nous permettre d’éviter la consommation de 30 MTEP d’essence et de gazole par an, en 2020. Au mieux, nous ferons les deux tiers de la route. Seule l’énergie photovoltaïque paraît être sur la bonne voie. Elle est la seule à produire plus d’énergie que prévu. A condition, bien sûr, que les systèmes de soutien ne s’effondrent pas.

Sans un sérieux coup de barre, les énergies renouvelables produiront donc environ 15% de notre énergie finale en 2020 et non 20%. Est-il encore temps de changer de cap? Oui, répond la Commission. Mais il faut faire vite et fort.

A commencer par réformer le marché des quotas de gaz à effet de serre, pour redonner de la valeur au carbone. Ce qui permettrait de financer les projets de démonstrateurs d’énergie renouvelable et de captage-stockage de CO2, via le programme NER 300. Bruxelles insiste aussi sur les lourdeurs administratives des Etats membres. La Commission rappelle ainsi que seuls le Danemark, l’Italie et les Pays-Bas ont mis en place un système d’autorisation commun à toutes les énergies renouvelables. Pis, la Grèce mise à part, aucun Etat n’a ouvert de «guichet unique» pour les promoteurs d’ENR.

L’exécutif communautaire se fait d’ailleurs menaçant: si aucune barrière administrative n’est levée, des sanctions pourront être prises contre les Etats membres les plus récalcitrants. Bruxelles appelle aussi les Etats membres à cesser de bouleverser les mécanismes de soutien aux ENR, notamment ceux qui «pénalisent les investissements déjà réalisés». Et propose, par exemple, aux pays situés dans un marché énergétique cohérent (comme les pays scandinaves) de financer en commun les subventions aux énergies renouvelables.



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